Ben Bridgen

l'homme de l'âme

Portrait

Le compositeur, l’arrangeur, le réalisateur d’un album, c’est l’homme de l’ombre mais aussi l’homme – ou la femme – de l’âme et de l’art. Que serait la chanson ‘Il est 5 heures, Paris S’éveille’ de Dutronc sans la flûte traversière qui l’accompagne ? Impossible de le dire mais elle n’était pas au programme. Il s’agit d’une fulgurance lors de la séance d’enregistrement. C’est ça, le métier de Ben Bridgen : créer un univers, donner une couleur à  un titre. Un talent qu’il met depuis des années au service de la création musicale nantaise.

« La musique était inévitable, d’une façon ou d’une autre, et le chemin pris pour y arriver était anecdotique. J’aurais pu être pompier ou cordonnier, j’aurais fini musicien. » Benedict – Ben – Bridgen s’exprime dans un français parfait appris du côté de Nottingham et perfectionné à  Bourges. Il a débarqué à  Nantes en 1998, il n’en est jamais reparti. Dans ses bagages, un an de cours de solfège à  l’âge de 8 ans. « C’était une bonne année, estime-t-il avec cet humour si particulier d’outre-Manche. Mais j’ai aussi pris des cours de piano jusqu’à  12 ou 13 ans, souligne-t-il. Après, je me suis fâché avec la scolarité musicale. Je suis naturellement plus créatif qu’interprète. »

Dès lors, comment devient-on réalisateur de projet musical, compositeur et arrangeur ? C’est peut-être la partie la plus pointue de l’univers musical, celle qui consiste à  donner une âme, une couleur et un souffle à  une chanson, un album. « On apprend par ses erreurs et au fur et à  mesure. Pour moi, la clé, c’est l’oreille musicale. Quand j’entends une musique, je l’analyse sans chercher. Je peux la rejouer entièrement après. » En découle des capacités de composition et d’orchestration tous azimut, du hip-hop au slam à  la chanson française en passant par… le quatuor à  corde. « Quand j’ai dû composer pour Blanche, une chanteuse accompagnée d’un quatuor à  corde, je ne m’étais jamais lancé dans une aventure semblable. Je me suis formé en écoutant, tout simplement : Ravel, Debussy, Schubert … Ensuite, écrire devient un puzzle agréable que l’on complète avec un certain nombre de modes d’expressions possibles. »

C’est ce qui lui permet d’écrire ou de réaliser les albums de nombreux artistes, de Solstyce avec un univers qui oscille entre la pop anglaise des années 2000 et la variété française actuelle, à  Lillie Printemps qui s’inspire des années folles et des guinguettes, jusqu’au slam de Nina Kibuanda. « Je suis une éponge que l’on peut essorer. Je ne copie pas et si jamais j’ai l’impression de copier, j’arrête tout de suite et je mets à  la poubelle, assure-t-il. J’ai un amour non partisan de la musique. Certains musiciens se réclament d’un style très précis ce que je comprends, mais moi pas. Je suis tellement amoureux de toute les musiques que je peux travailler dans un style que je n’aime pas d’une façon ludique et sincère. Je ressens quand même cet amour pour ce que je suis en train de faire. »

Au-delà  du travail pour les autres, Ben Bridgen s’éclate au sein de son groupe Chernobilly Boogie et a composé et réalisé un album pour lui-même. Il est à  écouter intégralement sur son site Internet. Une découverte.

www.Benbridgen.com

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