Portrait

Mathou

La revendication tranquille

Mathou est autrice de BD et illustratrice. L’Angevine de 36 ans croque son quotidien et le nôtre depuis des années, pour le plus grand bonheur de ses quelque 247 000 abonnés sur Facebook. Rencontre.

Mathou est autrice. Pas auteurE, non. Mais bien, autrice. « J’ai tranché, s’amuse-t-elle. Cela fait part d’un certain militantisme que de dire  »autrice ». C’est l’affirmation du terme féminin qui existait depuis le XVIIe siècle et qui a été abrogé. » Ce qu’elle veut, c’est que les femmes puissent prendre toute leur place. « Ce que je vise, c’est l’égalité. En illustration, en BD, dans la littérature en général, les femmes ne sont pas forcément mises en avant. Elles gagnent bien moins, en termes de droits d’auteur et d’à-valoir. » La différence serait même carrément de 20 %.

Elle a créé un personnage féminin qui évolue dans un monde, et celui-là ressemble bigrement à notre quotidien.

« Ce sont des thèmes assez personnels, mais qui ont vocation à parler à tou.te.s. C’est une femme de tous les jours, qui fait ce qu’elle peut. Il y a des thématiques sur la charge mentale, l’éducation, qui font écho. Mais, attention, je ne me sens pas obligée d’exprimer une colère tous les jours. Sur certains sujets, on n’est pas obligé d’être dans la revendication. »

Des revendications mais pas une morale

Loin du terrain de la morale, Mathou se place sur celui de la bienveillance. « Évitons de nous mettre la pression. En tant que parent, que femme, que conjoint, on fait toutes et tous comme on peut. »

 

Les dessins, qu’elle poste quasi-quotidiennement sur les réseaux sociaux, rassemblent une petite foule de fidèles. « J’ai créé un rendez-vous avec les gens, une communauté, c’est un bon tremplin et une part non-négociable du métier », sourit celle qui n’a pas fait du tout d’études de dessin. Après Sciences Po, elle a fait dans le conseil politique à Nantes. L’Angevine a ensuite monté sa boîte d’illustration et s’est lancée à plein temps.

« Avant, j’avais un peu le syndrome de l’imposteur. Mais après avoir passé un an et demi à travailler sur le projet de roman graphique  »Et puis Colette », je ne me suis plus posé de question ».

Elle a signé un contrat avec Delcourt, une des belles maisons d’édition françaises, et enchaîne les projets. « Cher Corps » sort le 29 mai. Un travail de mise en dessin mené par douze autrices, inspiré par la série de vidéos éponymes réalisées par la cinéaste Léa Bordier. Des histoires de femmes qui racontent le rapport qu’elles entretiennent avec leurs corps.


Pour retrouver les dessins de Mathou, rendez-vous sur :

Site internet : www.mathou-illustrations.com

Instagram : @mathou_cdh

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