Miam

Un café avec…

Eric Guérin

 

Il y avait beaucoup d’effervescence, ce jeudi soir, lorsque nous avons débarqué au Café du Musée, au Musée d’arts, la maison nantaise d’Éric Guérin. Ce soir-là, il recevait Nicolas Guiet de L’U.Ni, Guillaume Maccotta de Lamaccotte, Jean-François Pantaléon du Roza, et, bien sûr, Claire Habchi du Café du Musée. Tou(te)s ces chef(fe)s sont passés par sa cuisine de La Mare aux Oiseaux (MAO), le restaurant étoilé de Saint-Joachim, avant de venir faire les beaux jours de la gastronomie nantaise. Un joli point de départ pour une discussion autour d’un petit café…

Pourquoi avez-vous eu envie de réunir cette belle équipe d’anciens ?

C’est un plaisir, l’envie de faire quelque chose tous ensemble. C’est une fierté de voir tous ces gars et cette fille installés à Nantes. Ça représente ce que j’ai pu transmettre. La MAO, ce n’est pas juste un restaurant, c’est un lieu de vie où les gens s’épanouissent et avancent. Ça veut dire que des emplois, des affaires, des vies sont créés. Depuis vingt-trois que dure l’aventure dans les marais de Brière, je ne compte plus les couples et les bébés MAO, il y en a partout.

Ceux qui vous entourent ce soir ont lancé quelques-unes des plus belles tables de Nantes… Qu’est-ce que vous leur transmettez de si spécial ?

À la MAO, ce qu’on transmet, c’est un état d’esprit, pas juste de la technique. C’est d’abord l’écoute, le respect, le partage, l’échange. Chacun, quelle que soit sa place dans la maison, existe et apporte une pierre à l’édifice. C’est une énergie qui me donne à moi aussi la force d’avancer et de me renouveler, et de garder la tête jeune.

Comment ce lieu, rien de moins que l’un des plus beaux musées de France, vous inspire-t-il ?

J’avais beaucoup d’attente, ici. C’est la première fois que je travaille en ville. Pour une fois, on ne fait pas des kilomètres pour venir me trouver. L’inspiration est différente. Travailler ici, c’est plus se mettre au service d’un lieu, de la culture. Le bâtiment respire l’histoire et les gens qui l’ont traversée. Je me promène tout seul l’après-midi, le soir… C’est envoûtant.

 

 

Et cet environnement incroyable, on le retrouve comment dans l’assiette ?

Nous avons lancé des soirées Bistro’Art, trois soirs par semaine. On met la cuisine au service de l’art, et les codes de l’art au service de l’assiette, dans la lumière, les couleurs, la texture, le dressage… On s’inspire d’un artiste, d’une œuvre. Claire Habchi, en cuisine, s’empare du sujet avec toute la sensibilité qu’elle peut apporter.

Éric Guérin, c’était les marais de Brière, puis Giverny avec Le Jardin des Plumes, et aujourd’hui Le Café du Musée. Comment faites-vous pour être partout ?

J’ai un agenda rempli un an à l’avance. C’est compliqué à gérer. Parfois, on me propose des choses que je suis obligé de refuser. Il faut que je sois partout et suffisamment chez moi, en Brière, d’où j’ai de moins en moins envie de bouger. Mais ce qui est intéressant, c’est que tous ces lieux, ce sont des familles. Quand j’arrive ici, je suis happé par l’équipe et je ne réfléchis pas à autre chose. Toutes les maisons sont différentes, mais elles ont un lien incroyable : celles et ceux qui les font vivre sont passés par La Mare aux Oiseaux.

 


Café du Musée
10 rue Clémenceau, Nantes
02 51 12 93 09

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