Maison numéro 10

La confiture en famille

Ils font saliver

Retrouver le goût des confitures de maman. C’est un peu l’envie et le pari de trois frères, Rodolphe, Wilfried et Thibaut, biberonnés aux fruits achetés par cageots entiers sur le marché de Talensac et transformés ensuite par leur mère au domicile familial. Cette proximité avec le produit et le producteur, c’est d’ailleurs le coeur du concept de Maison numéro 10, l’adresse de la maison de leur enfance. « On a gardé l’idée de notre mère, qui se fournissait directement chez le producteur, et qui revenait faire la transformation à la maison. Nous allons nous-même cueillir les fruits, comme ça nous savons parfaitement ce dont nous nous servons. Nous avons sélectionné les producteurs avec qui nous travaillons. Ils se situent au maximum à quelques dizaines de kilomètres de Nantes ». La tomate verte vient de Vay, la fraise de Lusanger, la mûre du Cellier, la poire de la Grigonnais. « On appelle régulièrement nos producteurs pour savoir ce qui va arriver et nous allons goûter. L’idée est de se servir des fruits dans leur pleine maturité à la bonne saison ». 90 % des producteurs sont bio, la betterave est française, le pot en verre aussi. Dans le petit laboratoire, les tests s’enchaînent pour mettre au point les recettes. « Nous utilisons uniquement ce que la terre nous donne à ce moment là dans notre région ». Et ça donne d’étonnants mélanges « Potimarron-Poire », « Poire-Fenouil » ou « Prune-Estragon », aux côtés de saveurs plus traditionnelles. « C’est maman qui valide. Ou pas », sourit Thibaut. Cette proximité avec les producteurs est aussi un frein : impossible de trouver des agrumes ou des abricots dans la région. Cette contrainte, les trois frères veulent en faire une force. L’un s’est installé à Bordeaux et le troisième en région parisienne. Chacun va ouvrir dans sa ville un atelier et travailler les fruits de la région. « C’est vrai que notre éloignement géographique va devenir notre force. Nous aurons une marque unique que nous allons décliner localement avec des recettes complètement différentes les unes des autres. C’est la meilleure façon de garder notre côté artisanal, basé sur du circuit court. De toute façon, si nous voulons grossir, c’est la seule solution : nos producteurs actuels ne pourraient pas nous fournir assez de matière première », estime Thibaut. Pas question ensuite d’échanger les différentes productions par camion : les produits seront vendus uniquement dans les épiceries fines et sur les marchés des villes dont ils sont issus. La logique du circuit court est respectée.

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