Interview

Le premier t-shirt

100% made in Nantes

« Nous avons été les premiers à lancer une marque qui parlait de Nantes, à utiliser notre ville sur des visuels apposés sur des vêtements, se souvient Théo Boyer, l’un des fondateurs de la marque Terribles Nantais. Petit à petit, une dizaine de marques comme la nôtre ont vu le jour, et nous nous sommes rendu compte que nous partions tous d’un t-shirt pas du tout Nantais, mais fabriqué le plus souvent au Bangladesh. Il y avait une contradiction ». C’est pour cela que la marque a eu l’idée de confectionner un t-shirt 100% made in Nantes. Ses fondateurs lancent une campagne de financement participatif, et la réponse est immédiate. « Nous nous étions fixé quarante-cinq jours pour rassembler les fonds, et la campagne était bouclée en cinq jours, se souvient Théo. Ça veut dire que les gens comprennent et soutiennent cette démarche ». Cela signifie aussi que les gens sont prêts à payer plus quand ils ont la garantie que le produit est fabriqué localement : les t-shirts sont vendus 39 euros, contre 25 habituellement.

 

« Les gens ne vont pas être déçus, c’est vraiment de la belle qualité »  

« C’est plus facile que ce que je pensais »

C’est l’association Des Femmes en Fil, dans le quartier Bellevue à Nantes, qui s’est chargée de la confection des t-shirts. « Nous avons reçu le tissu en rouleau, nous avons proposé une tête de série, et une fois qu’elle a été validée, nous avons lancé la production. Les gens ne vont pas être déçus, c’est vraiment de la belle qualité », explique Marie, la chef d’atelier. « Honnêtement, c’est plus facile que ce que je pensais. On a été content du résultat tout de suite. C’était la première fois qu’on pouvait venir voir les choses se faire directement à l’atelier, c’est agréable de travailler avec cette proximité, souligne Théo. D’ailleurs, cette expérience nous a fait évoluer. On ne peut peut-être pas tout produire à Nantes, mais l’idée est de proposer du made in France toute l’année. C’est toujours mieux que du made in Bangladesh ».

Un atelier en danger

La fin brutale des contrats aidés va signer la perte de cette association. Depuis 2009, l’atelier Des Femmes en Fil, installé dans l’ancien commissariat de quartier de Bellevue, a permis l’insertion sur le marché du travail de trente-cinq femmes parmi la quarantaine qui sont venues travailler ici, en contrat de deux ans. 70% de taux de retour à l’emploi. C’est énorme. Mais aujourd’hui, aucun contrat n’est renouvelé. La dernière couturière devrait quitter les lieux en juin. Les jeunes créateurs devront s’adresser ailleurs. En attendant, vous pouvez retrouver les créations de l’atelier sur le marché de Lëon, place Sainte-Croix.

 

Les T-shirts sont disponibles sur www.terriblesnantais.com

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