Portrait

Morta

Le bijou à remonter le temps

« Je transmets une histoire. L’histoire de la Brière, celle d’il y a cinq mille ans ». Le morta, c’est un bois qui a commencé à se fossiliser. Du chêne venant tout droit de l’époque des hommes préhistoriques qui a été conservé dans la tourbe du marais de Brière. Un matériau unique. « Quand on a un morceau de morta dans les mains, on arrive à s’imaginer cette immense forêt de chênes. On remonte le temps. C’est un bois magique ». Hélène Jacquot n’est pas la première de sa famille à s’intéresser à ce bois. Son mari, Jean-Henri Pagnon, a, le premier, entrepris de le mettre en lumière en façonnant avec ce matériau des manches de couteaux. C’est lui qui approvisionne Hélène en matière première. « Il l’exhume de la tourbe au milieu du marais. Nous avons le droit de le faire, parce que nous habitons ici, et que le marais appartient, selon la volonté du dernier seigneur du lieu, à tous ses habitants ».

 

Il faut ensuite laisser sécher le morta au moins trois ans avant pouvoir commencer à le travailler. « C’est un bois qui est très dense. Je travaille de toutes petites pièces que je découpe puis biseaute une à une. Le ponçage est la partie la plus longue. C’est lui qui va révéler tout l’éclat de ce bois, le côté soyeux. J’utilise trois grains différents pour le polir ». Il suffit ensuite d’un peu de cire pour terminer de mettre en valeur le bijou. La monture en argent – pour conserver la sobriété du bois – est réalisée par Hélène, qui est allée se former à Paris pour apprendre à travailler ce métal précieux. « J’ai créé des modèles tels que j’avais envie de les porter. Je fourmille d’idées, mais je veux garder une cohérence, une ligne directrice, pour que l’on puisse reconnaître mes bijoux. Ce que je cherche, c’est la sobriété et la discrétion. Je pense que c’est la meilleure manière – et la plus respectueuse – de mettre en valeur ce noble matériau ».

 

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