Ils font saliver

Le vin

« C'est l'école du temps long »

Aurore Günther est la seule représentante (pour l’instant) du vignoble, au sein des Saveurs DétonNantes. La jeune femme a pris place aux côtés de sa mère, Véronique Günther-Chéreau, pour gérer ses domaines. Elle défend avec vivacité ses vins blancs, produits depuis toujours, selon la volonté du grand-père, dans un esprit de haute qualité. Rencontre avec une « Saveur » particulière.

 

Nous avons rendez-vous avec Aurore, au meilleur et au pire moment : celui des vendanges. Le pire, parce que la jeune femme est partout à la fois, et que le temps qu’elle a à nous consacrer est forcément limité. Mais c’est le jeu, si l’on veut être au cœur de son métier de vigneronne, au moment où le millésime 2017 va entrer en cave. Cette année, justement, offre le même contraste. Le pire et le meilleur. Le gel a fait des ravages ici aussi, mais la qualité est vraiment là. « L’année s’annonce bonne, mais on aura moins de quantité que d’habitude, ça, c’est certain, assure Aurore. Il ne faut jamais confondre quantité et qualité », met-elle en garde. À chaque année son histoire. « On travaille avec des vignes centenaires, qui étaient déjà là avant mon grand-père. Il faut du temps et de la patience avec le vin, pointe-t-elle. C’est l’école du temps long, on ne sait jamais quel sera le résultat tant que ce n’est pas dans la bouteille ». La jeune femme de 34 ans, qui a rejoint sa mère dans la gestion des domaines, a déjà une vision hyper claire de son métier et de ce qu’elle veut faire. « Il ne faut pas succomber aux modes. On ne peut pas dire : « Tiens, je vais faire un vin rouge », ou « tiens, je vais faire un sauvignon ». On commence à récolter sur une nouvelle vigne au bout de cinq ou six ans. Après, il faut encore vinifier, élever le vin, le mettre en bouteille, et enfin le vendre ! », rappelle-t-elle. 

 

 

 

« Il faut d’abord défendre nos vins vis-à-vis des Nantais »

« Nous, on croit au terroir. Ça, c’est immuable, mode ou pas mode ». Un terroir idéal pour le melon de Bourgogne, le cépage du muscadet, mais aussi pour le gros-plant, deux vins que la jeune femme défend bec et ongles. « Il faut d’abord défendre nos vins vis-à-vis des Nantais. Il y a le syndrome du local, comme dans tous les vignobles. Des gens qui me disent : « J’ai bu du muscadet il y a trente ans, il était dégueu et depuis, j’ai arrêté ». Ceux-là, il faut leur faire goûter, les surprendre, leur montrer la dynamique adoptée par les vignerons ». Le muscadet est donc un grand vin blanc. « Ma mère et mon grand-père l’ont compris, et j’ai été biberonnée à ça, sourit-elle. Il faut rester droit dans ses bottes. C’est une chaîne sans fin. Je jouis de ce qu’a fait, et de ce que fait ma mère, et ça durera toute ma vie. Ce que je fais moi, c’est peut-être la prochaine génération qui en aura le résultat ».

 

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