Rencontre

Un bracelet contre la violence

Une innovation nantaise

Un bracelet connecté qui permet aux femmes de faire savoir à leurs proches, en temps réel, qu’elles sont en danger. C’est l’invention d’une artiste nantaise, Diariata N’Diaye. Une parure qui peut sauver des vies, et qui vient compléter une application déjà lancée et mise au point par l’association Resonantes. Explications.

Le bracelet est connecté au smartphone. Dès que l’utilisatrice se sent agressée, à la maison ou dans la rue, elle peut lancer l’alerte. Aussitôt, le smartphone prévient jusqu’à trois contacts pré-enregistrés. Il lance l’enregistrement audio de toute la scène et géolocalise en temps réel sa porteuse. « Cela permet aux contacts d’avoir l’information la plus juste possible sur ce qui est en train de se passer, et de prévenir les secours s’il le faut. Nombre de victimes n’appellent pas les secours, mais les personnes de confiance le font plus facilement », détaille Diariata N’Diaye. L’enregistrement audio est ensuite stocké sur un serveur pendant 15 jours. « L’utilisatrice pourra ensuite, dans une prochaine version, le télécharger et l’utiliser pour déposer plainte. Les enregistrements audio sont valables dans une procédure civile, et dans le cas d’une procédure pénale, ils servent à établir le faisceau de preuves ». Des preuves qui peuvent servir après une agression, mais également pour les femmes victimes de harcèlement sexuel au travail. « La preuve, c’est

le problème principal des femmes victimes », souligne Diariata N’Diaye. Le bracelet n’est qu’une facette de l’application App-Elles, mise au point par l’association Resonantes, fondée par la jeune femme. Deux autres fonctionnalités sont accessibles immédiatement : « En parler », qui met la victime en contact avec les associations qui existent pour les accompagner dans ces situations, et « S’informer », qui permet aux femmes de mettre des mots justes sur ce qui leur est arrivé. « Cela permet aux femmes de définir ce qu’elles subissent. Très peu de personnes savent précisément ce qu’est un harcèlement sexuel, ou faire la différence entre un viol et une agression sexuelle, indique Diariata N’Diaye. C’est un outil qui permet de s’adresser au plus grand nombre de femmes possible. Depuis le lancement de l’application, nous avons enregistré plus de 6300 téléchargements, et 800 à 900 utilisations, toutes touches comprises ».

Une initiative d’utilité publique

Pour mettre au point l’application et le bracelet connecté, l’association Resonantes a pu compter sur le soutien de sociétés comme Cap Gemini, qui a développé l’application, iAdvize, qui a pensé son ergonomie, et une start up rennaise, qui a mis au point le système de géolocalisation. Le grand public a misé 75 000 euros, par l’intermédiaire de la plateforme de collecte en ligne HelloAsso. Des collectivités locales ont également mis la main au portefeuille. « C’est une alliance inédite et je suis fière d’être arrivée à faire ça », sourit Diarata N’Diaye. La région des Pays de la Loire est la première collectivité à soutenir ce projet. « Cet outil est une véritable innovation, soulignent Christelle Morançais et Laurence Garnier. C’est une initiative inédite et d’utilité publique ! Et nous sommes heureuses de pouvoir accompagner Resonantes dans la réalisation de ce projet qui sera, malheureusement, utile aux femmes ».

 

Les femmes victimes de violences vont pouvoir bénéficier gratuitement de ce bracelet par l’intermédiaire des associations qui accompagnent les victimes. Il sera ensuite disponible au prix de 30 euros. « Les victimes qui ont besoin de ce bracelet, il est hors de question qu’elles le payent, assène Diariata N’Diaye. Mais il faut aussi que le public qui souhaite l’acquérir pour des raisons de confort, comme les joggeuses, par exemple, puisse pouvoir se le procurer ». Le bracelet n’est pas obligatoire pour faire fonctionner l’application. Des moyens de déclenchement, juste en appuyant sur un bouton du smartphone, peuvent être mis en place pour lancer l’alerte de façon discrète et immédiate.

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