Ciné

« Tout le monde debout »

pour Franck Dubosc

« Tout le monde debout », le premier film écrit et réalisé par Franck Dubosc, raconte l’histoire d’un séducteur et menteur pathologique pris au piège. Il fait croire à une jeune femme qu’il est paralysé pour essayer de la séduire. Ça ne fonctionne pas, mais quand elle lui présente sa sœur – Alexandra Lamy – elle-même en fauteuil, c’est le coup de foudre. Et le début des ennuis. Une comédie avec du cœur et du fond. Jean-Jacques Lester a reçu Franck Dubosc avec toutes ses casquettes dans le Mag Ciné, sur France Bleu Loire Océan.

Franck Dubosc, c’est votre film, vous l’avez écrit, réalisé, et même interprété !

Exactement, je suis le plus gros salarié de toute cette aventure !

 

Comment peut-on qualifier le film ? C’est une comédie sentimentale ?

Je n’aime pas tellement mettre des mots derrière comédie, parce que ça restreint un peu. C’est toujours un peu castrateur ou restrictif de mettre un mot derrière comédie. En général, quand les gens sortent, le premier truc qu’ils disent, c’est : « mon Dieu, qu’est-ce que j’ai ri ! ». Tant mieux, j’en suis très content et très fier, donc je dirais que c’est une comédie, même s’il se trouve que oui, il y a un ou deux petits moments où il y a la petite larme qui vient.

 

Alors, c’est l’histoire d’une rencontre improbable, imprévue… C’est ce qu’on peut dire comme amorce ?

Ce qui est improbable, c’est que cet homme que je joue tombe amoureux d’une jeune femme handicapée. C’est un homme d’affaires, séducteur, amateur de challenges avec les femmes, qui, par un concours de circonstances, se retrouve dans une chaise roulante chez sa mère, qui vient de décéder. Il est en train de ranger des papiers, il est assis dans la chaise. Une jeune et jolie femme entre. On se dit : « Il va foncer dessus ». Elle lui explique qu’elle est assistante à la personne, qu’elle s’occupe des gens comme lui. Et là, il se dit : « Des gens comme moi ? ». Il regarde sa chaise et se dit : « Mais oui, elle m’a pris pour un handicapé ! ». Nouveau challenge ! Il va donc voir son pote et lui dit : « Voilà, j’ai un nouveau challenge je vais séduire une fille en lui faisant croire que je suis handicapé », ce qui est horrible comme mensonge. Cette jeune femme ne se laisse pas séduire, mais lui présente sa sœur, qui, elle-même est handicapée et célibataire. Et il se retrouve pris au piège de cette rencontre qu’il n’avait pas du tout désirée.

 

Pensez-vous que ces hommes qui aiment séduire, plaire comme ça aux femmes, ont tous quelque chose à prouver ?

Je n’en sais rien. Séducteur, dragueur, j’allais dire, on l’a tous été. En tout cas, moi, je l’ai été, et je me suis toujours posé cette question. C’est pour ça que j’ai écrit ce film : quelle est celle qui va m’arrêter ? Moi, ce qui m’a arrêté, ça a été ma femme qui était de culture différente. C’est la différence qui vous arrête.

 

Et cette différence, à l’écran, c’est le fauteuil ?

J’avais envie de montrer quelle peut être cette personne qui arrête ce mec qui court si vite. Eh bien, c’est son opposé. C’est quelqu’un qui est dans un fauteuil, et qui ne court pas du tout. Et on se rendra compte qu’elle court plus vite que lui dans sa tête, qu’elle vit plus vite que lui, qu’elle respire plus fort que lui. Qu’elle est plus vivante, finalement, que lui.

 

C’est Alexandra Lamy qui se retrouve en fauteuil. Pourquoi elle ?

Je voulais une actrice populaire, en l’occurrence rayonnante, bonne comédienne, fraîche, qu’on aime bien, qui éblouit. Je ne voulais pas que ça fasse pitié, je ne voulais pas d’une actrice renfermée sur elle-même. Il fallait que ça pétille, que ça vive, et quand on fait toute cette liste-là, Alexandra Lamy, elle est très vite numéro 1.

 

Et elle mouille vraiment le maillot, Alexandra Lamy, notamment dans la scène de tennis en fauteuil…

Ah, la séquence de tennis, moi, à chaque fois, elle me fout la chair de poule. Par chance, Alexandra joue très très bien au tennis, donc tout ce qui était coup de raquette, elle savait le faire. Mais quand on se retrouve dans un fauteuil, c’est vraiment autre chose. Elle a été coachée par une jeune fille, qui est une championne de tennis et qui est paraplégique, c’était difficile pour elle, mais elle a pris tous ses cours.

 

On peut l’annoncer, vous revenez à Nantes pour votre spectacle, et une nouvelle date va être prévue parce que les places ont été prises d’assaut !

Oui, là, on est à la Cité des Congrès, et en mars 2019, on revient au Zénith pour deux dates, parce que là, c’est complet ! J’espère que ça me portera chance, comme quand « Camping » est sorti : c’était un mercredi, et le samedi soir, je jouais à Nantes, et on a fêté le million d’entrées dans ma loge ! Et là, mon film « Tout le monde debout » sort le mercredi 14 mars, et je serai le samedi soir à Nantes… Alors ce ne sera peut-être pas le million d’entrées, mais si je peux avoir une belle petite surprise, ce serait super. Si Nantes peut encore me porter chance…

Mis à part celui-ci, vous avez des souvenirs des moments où vous êtes venu sur scène à Nantes ?

C’est toujours une émotion, parce que j’ai travaillé avec un garçon, Phiphi, un Nantais, qui a été mon assistant pendant des années, et qui est malheureusement décédé. Chaque fois que je suis à Nantes, sa maman vient, ses amis viennent, et dans ma tête, forcément, le spectacle, je le joue pour lui.

 

Vous avez passé une partie de votre enfance à Nantes, vous y veniez régulièrement…

Oui, je venais en vacances au Cellier, dans ma famille qui habite là-bas, mes cousins… On y allait souvent à Noël, ça fait bien longtemps que j’y suis allé maintenant, mais eux, en tout cas, viennent me voir à chaque fois que je joue ici.

 

Vous alliez à la maison de monsieur Louis de Funès ?

Oui, mais je ne l’ai jamais croisé… J’espérais toujours, étant gamin, le voir. J’étais derrière les grilles, comme ça, je faisais mes petits films super 8, en espérant l’apercevoir, et je n’ai pas réussi. Avec ma caméra, je filmais son château, trois cents soixante-cinq fenêtres, je crois… Je ne sais pas si c’est exact, mais c’est le souvenir que j’ai.

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