Ciné

« On a tous un peu de Thierry en nous »

Philippe Katerine, grand vainqueur du cinéma 2019

Une année bien riche en émotions pour le nanto-vendéen Philippe Katerine. Thierry, le personnage qu’il incarne dans le film français à succès « Le Grand Bain » (pour voir la bande-annonce), lui a permis de décrocher un César pour le meilleur second rôle masculin, et le prix Patrick Dewaere. À l’occasion d’un retour sur fond de promotion de son nouveau film, « Yves » (pour voir la bande-annonce), Jean-Jacques Lester l’a rencontré pour Action – Le Mag Ciné, sur France Bleu Loire Océan.

Césarisé et vainqueur du prix Patrick Dewaere, vous avez, ces derniers mois, marqué le cinéma français. Votre intervention lors de la remise des César a, d’ailleurs, été remarquable et remarquée. Cette idée de vous adresser à votre personnage… Vous l’aviez préparée ?
Même si je n’aime pas prévoir ce qu’il va se passer dans les événements, car je ne suis pas un grand cérébral, je savais de quoi j’allais parler : Thierry, mon personnage dans le film « Le Grand Bain ». C’est un personnage très touchant et c’est lui qui m’a permis de décrocher ce César. C’était donc ma façon à moi de rendre à César ce qui est à César, donc, au fond, à Thierry.

 

C’est en effet ce que l’on a pu comprendre à travers votre discours…

Pour moi, ce sont vraiment les personnages, et non les acteurs, qui remportent les César. Si j’avais joué, par exemple, le personnage que joue Guillaume Canet dans le film, qui est un peu plus dur et plus âpre, je n’aurais jamais eu de César.

 

 

 

Et le prix Patrick Dewaere, est-ce qu’il revêt à vos yeux une importance particulière, ou bien est-ce « encore un prix » ?

Patrick Dewaere était un acteur très sensible et très fragile, que j’adore. Il est très éloigné de ce que je peux produire et c’est pour cela que ça me touche, d’être reconnu pour ce prix. C’est peut-être une histoire de coiffure, après tout… (rires)

 

Il faut dire que l’on peut vous retrouver dans tous les univers. Vous êtes partout ! Vous avez notamment expérimenté le doublage dans le film d’animation « Avril et le monde truqué ». Un rôle que vous avez merveilleusement bien tenu en jouant la voix du chat Darwin. Vous n’avez pas été approché pour d’autres doublages ?

Ça m’arrive d’être contacté, assez régulièrement. D’ailleurs, je vais prochainement faire l’adaptation américaine de la voix d’un chien. Il y a eu la voix de son maître, maintenant ça sera la voix d’un chien. Je suis content.

Quel genre de chien ?

Je ne sais pas trop. On doit encore m’envoyer des dossiers, c’est vraiment tout frais.

 

Tant que nous sommes dans la confidence, vous avez réalisé « Peau de cochon », un film assez biographique dans un format docu-fiction. Peut-on s’attendre à vous voir réaliser un autre film ?

On en a fait un avec le réalisateur nantais Gaëtan Chataigner. Parfois, j’écris des scénarios, des petites choses comme ça… Donc ça va sûrement se faire car c’est une idée que j’ai toujours en tête, mais petit à petit, parce qu’il faut du temps et de l’énergie.

 

D’ici là, on peut vous retrouver à l’affiche du film « Yves », présenté à la Quinzaine des réalisateurs du dernier festival de Cannes, un film réalisé par votre ami et complice Benoît Forgeard. Vous y êtes entouré par une belle équipe : William Lebghil, Doria Tillier et Alka Balbir, qui a chanté en duo avec vous…

Oui, c’est vraiment une actrice que j’adore. Elle jouait aussi dans « Gaz de France », le précédent film de Benoît Forgeard…

 

… Où vous étiez, vous aussi, présent en tant que président de la République !

En toute modestie bien sûr… (rires) Ce film-là est un peu différent. C’est un film sur un frigo intelligent. On peut presque parler de film d’anticipation, parce qu’on sait que bientôt, les machines risquent de prendre le pouvoir sur nos vies. Mais j’ai vu le film, et je le trouve vraiment fabuleux. Et tout ça à partir d’un frigo intelligent.

 

Un frigo intelligent qui va donc changer la vie d’un rappeur…

En fait, le rappeur compose des musiques, et le frigo intelligent les remixe, et les remix marchent bien. On est dans une réappropriation du réel extraordinaire. C’est drôle mais inquiétant en même temps, et ça, c’est pour moi les deux mamelles de la fiction : l’inquiétude et la drôlerie.


« Yves » (pour voir la bande-annonce)

En salles le 26 juin

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