Portrait

Sa photo est en finale

de la Coupe du monde !

Le photographe vannetais Gaétan Lecire représente – seul – la France en finale de la Coupe du monde de photographie en Australie. Une consécration pour un travailleur passionné.

La photo arrête le regard. Le visage du modèle est à moitié dissimulé par une mèche de cheveux noirs et brillants. Cette mèche est géométrique, anguleuse. On se demande même si elle est réelle. « Elle est tellement structurée, lissée et laquée, qu’on a l’impression que ce ne sont même plus des cheveux ». Gaétan Lecire a dû faire preuve de patience pour arriver à capturer ce portrait. « Nous avons passé plus de trois heures à la faire. Nous étions trois autour de la tête du modèle pour lui tenir les cheveux, pour que ça ne s’effondre pas. Même moi, j’ai aidé », s’amuse-t-il. À l’arrivée, le photographe parvient à obtenir la construction qu’il a imaginée avec Cyril Bazin, le coiffeur nantais avec qui il participe au concours Style Masters de Revlon. « Le fond est très épuré, le regard très intense. C’est un axe qui valorise la coiffure et la symétrie. Il y a un contraste très fort. Ça en jette », admet-il. Cette photo lui permettra de se classer, pour la quatrième année de suite, dans les trois premiers du concours national. C’est aussi ce cliché, qui l’a marqué, qu’il choisira pour participer au concours « Les photographies de l’année », réservé aux professionnels.

Photo_finaliste_WPC_©_gaetan_lecire

Et c’est avec lui qu’il le gagne. Cela lui ouvre la porte de l’équipe de France, où il est sélectionné pour représenter le pays lors de la Coupe du monde de photographie. « Au début de l’année, j’ai appris que je faisais partie des dix finalistes dans la catégorie portrait. Je suis le seul Français à avoir été sélectionné, toutes catégories confondues ». Seul en lice, il a déjà reçu le Nation Award du concours. Il ne fera pas le voyage en Australie, le 6 mai. « De toute façon, même si je suis dixième à l’issue du concours, dixième au niveau mondial, tout va bien, éclate-t-il de rire. Je suis fier que ce travail soit reconnu. Cela représente énormément d’heures, et cela veut dire aussi que même si on est à Vannes, en dehors de Paris ou Nantes, des grands studios, on peut être classé, on peut être reconnu, et ça fait vraiment plaisir ». Cette aventure, le photographe professionnel, également enseignant à l’UCO, pourra la partager avec ses étudiants à la rentrée. Parfois, la meilleure manière d’enseigner est de montrer l’exemple.

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