Pekopeko

Une personnalité à fleur de peau

Portrait

Pekopeko a 26 ans. Elle a fait son premier tatouage il y a deux ans. Aujourd’hui, son corps entier arbore les dessins qu’elle affectionne. Une passion qui l’a emportée et l’a poussée à devenir tatoueuse après avoir effectué son apprentissage avec Nours, son compagnon. Avec l’apparition de ces tatouages, elle a aussi vu le regard des autres changer. Des réactions qui doivent interroger.  

En poussant la porte du petit studio de tatouage de Carquefou par un matin froid et pluvieux de mars, on ne s’attendait pas vraiment à être accueilli du haut des escaliers par Pekopeko, pimpante dans sa petite robe noire, ses tatouages éclatants bien en vue. On lui avait dit qu’on souhaitait prendre quelques photos pour illustrer le papier que l’on voulait lui consacrer. La jeune femme a joué le jeu avec un plaisir évident. Il faut dire que ça fait des années qu’elle est modèle et ça se voit clairement quand elle prend la pose à la lumière des flashs de studio. « Je n’ai pas toujours envie de montrer mes tatouages, souligne-t-elle très vite. Généralement, je suis en pantalon et en pull. Si on les voit, c’est cool, sinon, je m’en fous ». Pekopeko a été élue « Ink Girl » Pays de la Loire, l’équivalent pour tatouées des miss régionales de Miss France. Mais ce qui nous a donné envie de la rencontrer, ce n’est pas ce titre. C’est plutôt le discours qu’elle porte sur le regard des autres. Difficile de cacher ses tatouages – quand bien même elle le souhaiterait. Elle ne sait même pas elle-même combien son corps en arbore. « Je n’ai pas compté, il y en a des petits et des très très gros. Je n’ai plus beaucoup de place », s’amuse-t-elle. « Je ne vois plus mes tatouages, ils font partie de moi comme mes deux bras ». Il ne faut pas chercher de signification particulière, ni souvenir douloureux ni heureux derrière ces dessins. « Pour moi, un tatouage, c’est juste avoir sur soi quelque chose qui tient à cœur. J’ai juste hâte de pouvoir l’avoir quand quelque chose me plaît ». En ce moment, elle trépigne à l’idée de se faire tatouer un des protagonistes du film l’Âge de glace sur la main. Elle porte des personnages Disney ou Pokémon, un style baptisé kawaii joyeux et coloré, qui est loin de faire l’unanimité dans la rue.

« Je fais ce que je veux avec mon corps, qu’est-ce que ça peut faire ? »

Il arrive par exemple que les réactions de parfaits inconnus soient totalement aberrantes. « Il n’y a parfois aucun respect. Les gens que je ne connais pas se permettent de donner leur avis, ils vont me prendre le bras dans la rue… Une fois, en attendant le tram, j’ai laissé ma place à un couple de personnes âgées sur un banc. Ils se sont mis à m’insulter ouvertement ! Le pire, c’est que tout le monde a pris leur défense alors que j’étais juste tranquille à écouter ma musique. J’étais devenue une sorte de bouc émissaire. Je ne comprends pas pourquoi, je n’ai pas des têtes de mort partout, j’ai Bambi quand même ! ». Pekopeko ne compte plus non plus les garçons qu’il faut éconduire parce que fille tatouée ne rime pas forcément avec fille facile. « Je suis une nana comme les autres au final. On peut être féminine tout en portant des tatouages. On n’est pas forcément un garçon manqué ou une lesbienne. Les tatouages sont de plus en plus à la mode, mais les gens restent bloqués. Je fais ce que je veux avec mon corps, qu’est-ce que ça peut faire ? », interroge-t-elle. C’est peut-être la question la plus importante.

 

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