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Maison Monarques

Création angevine

Un « chic métissage ». Maison Monarque, la nouvelle marque angevine de prêt-à-porter, raconte une histoire qui lui est propre et qui nous appartient à tous. L’histoire des influences, des mélanges, de la diversité qui permet d’avancer et de créer. Les deux sœurs, Clélia et Mélinda Chassagneux, se sont associées à Lucile Misandeau. Toutes se sont embarquées dans une belle aventure.

Rencontre

Comment vous êtes-vous rencontrées ?

Clélia : Ça a été un coup de cœur un peu humain. Des états d’esprit qui se ressemblent et se complètent, il y a aussi un petit grain de folie… On se dit : « Pourquoi pas se lancer ? » On a le goût d’entreprendre et de revendiquer quelque chose. Je pense que notre projet a du sens.

 

Pourquoi avoir choisi ce nom pour votre maison de couture ?

C. : Il y a, dans « Maison Monarque », une connotation très française à laquelle nous tenons, mais il y a également la référence à ce magnifique papillon, le monarque, qui est un migrateur. Il y a donc, par essence, cette notion de métissage qui nous tient à cœur.

 

Justement, le métissage vous a énormément inspirées pour vos premières collections…

C. : Oui, j’ai fait une thèse sur la deuxième génération de l’immigration africaine. C’est ça qui nous a inspirées : c’est une génération qui porte une identité multiple. Ses parents lui ont ouvert les portes d’une autre culture, mais elle est d’abord française. C’est d’ailleurs à l’image de ce qu’est la France aujourd’hui. Lucile a été adoptée en Corée, Clélia est mariée à un franco-sénégalais et mes enfants sont à moitié Canadiens.

 

Cela veut dire aussi que cette marque est à votre image…

C. : Oui, elle correspond à notre identité, à ce que nous sommes. Les vêtements que nous produisons sont ceux d’une culture qui n’est ni française ni africaine : une troisième culture. Ce n’est pas un vêtement ethnique ni un vêtement vraiment français, c’est un vêtement qui porte cette touche multiculturelle qui fait partie de notre société aujourd’hui.

  • Les trois créatrices de droite à gauche :

    Lucile Misandeau, Clélia et Mélinda Chassagneux

Lucile, c’est vous qui « tenez le crayon ». Qu’est-ce qui vous inspire ?

Lucile : D’une manière générale, je m’inspire énormément de ce que je vois. Pour cette collection, nous avons travaillé autour du wax, qui est d’ailleurs une matière produite en Hollande et non en Afrique, comme on peut parfois le penser. Les tissus que nous avons choisis sont des tissus haut de gamme et, surtout, en édition limitée. Nous avons choisi de faire de ces vêtements-là une série assez limitée, comme des petits bijoux.

 

Comment définissez-vous votre ligne ?

L. : Aujourd’hui, on fait du sportswear chic. Mais on se dirige vers des choses un peu plus diversifiées. Ce qui est sympa dans le sweat, c’est que ce sont des pièces intemporelles. On en met depuis la fin des années soixante-dix, et encore aujourd’hui… Notre prochaine collection sera davantage basée sur des vêtements épurés. Avec un côté chic, français, assez marqué.

 

 

Où produisez-vous vos pièces ?

L. : Nous faisons fabriquer nos produits au Portugal, dans un petit atelier de confection. Ce qui est intéressant, c’est que l’on peut changer régulièrement les modèles et produire en petite série.

C. : On veut savoir où sont réalisées nos collections, et comment, et dans quelles conditions. C’est une démarche globale. Nous sommes dans la slow fashion. Nous faisons de petites quantités, mais, avant tout, des vêtements de qualité. Nous n’avons pas envie de contribuer à une industrie de la mode qui est celle du gaspillage. On achète, on jette au bout d’un an. L’avantage de la qualité, c’est qu’on peut laver et relaver, et le tissu est toujours aussi beau.

 

Donc, les Angevines, armées de ces valeurs, vont partir à la conquête du monde ?

C. : Oui, nous sommes Angevines, mais sans frontières ! Ouvrir nos ailes, c’est l’objectif. La prochaine étape sera de réussir une campagne de crowdfunding pour pouvoir faire les salons. Cela nous permettra de rencontrer des distributeurs français et internationaux. C’est absolument nécessaire, si nous voulons évoluer.

 


Merci à Accesstory de nous avoir accueillis pour cette rencontre dans l’un de ses très jolis showroom éphémères.

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