Miam

La Cour d’Orgères

La vraie confiture en famille

Il y a des marques qui ont besoin de s’inventer une tante, un cousin, une mamie pour tenter de raconter une histoire. Et puis, il y a des histoires que l’on découvre presque par hasard, et qui sont bien plus intéressantes que toutes celles imaginées par un service marketing. C’est le cas de La Cour d’Orgères. Dans le berceau de la marque familiale, à Quiberon, on fabrique depuis trente ans des confitures d’exception. Rencontre avec deux sœurs passionnées.

Les confitures de cette jolie maison, chez Urbanne, on les connaît bien. Non seulement on en parle dans nos pages, mais en plus, on les achète. En poussant la porte de la fabrique de Quiberon, accueillis par les odeurs des agrumes qui mijotent dans les quatre chaudrons de cuivre, nous faisons la connaissance de Vérène et Marie-Charlotte Indekeu. Les deux filles des créateurs de la marque sont aujourd’hui à la tête d’une entreprise qu’elles ont – quasiment – vu naître, par un été torride. En 1976, leurs parents, éleveurs de chèvres et producteurs de fromages, n’ont plus rien à vendre : à cause de la sécheresse, leurs bêtes ont tari. « Pour avoir quelque chose à proposer sur les marchés, nos parents ont vidé les placards, proposé les confitures qu’ils avaient faites, mais aussi des gâteaux bretons, du pain… Il fallait se débrouiller le temps que le lait revienne », raconte Vérène. Et les confitures plaisent. Beaucoup. Tellement que la production s’organise, et qu’elles sont vendues aux côtés des fromages. Au fil des marchés, c’est le coup de foudre pour Saint-Pierre-Quiberon. Fini les chèvres, la famille s’y installe pour se consacrer aux confitures. « Après la campagne rennaise, nous sommes arrivées au bord de la mer. C’est comme ça que nous avons été élevées. En ramassant les champignons, en pêchant les huîtres, se souvient Marie-Charlotte. Quand nous étions petites, notre père nous faisait goûter à tout, cru, cuit. Il nous posait des questions sur ce que nous mangions. Nous avons eu une vraie éducation du palais ».

« On a envie d’avoir dans nos confitures un vrai goût de fruit. La cerise est entière, le cassis aussi »

Doucement, mais sûrement

Une éducation qui les a marquées pour toujours, et dont Vérène se sert au quotidien pour créer les confitures de la maison. Il y a une cinquantaine de « parfums » fixes, et une collection éphémère avec les inspirations du moment. « Elle est perfectionniste, on est parfois obligé de l’arrêter », sourit Marie-Charlotte, qui se rappelle des cinq jours de cuisson de la confiture de Kumquat et des onze pépins qu’il fallait ôter de chaque fruit. Les sœurs vont chercher leurs fruits où ils sont les meilleurs : l’abricot du Roussillon, la clémentine de Corse et la mûre du Morbihan. Tous les ans, La Cour d’Orgères achète d’ailleurs à tout un chacun le produit de sa cueillette sauvage. « On a envie d’avoir dans nos confitures un vrai goût de fruit. La cerise est entière, le cassis aussi. Pour nous, dans une confiture, il doit y avoir des morceaux et… du sucre », pointe Vérène. Dans cette maison, on respecte donc la tradition, avec au minimum 55% de sucre et un dosage à la main, mais aussi une volonté de créer et de proposer des goûts nouveaux : pomme-caramel au beurre salé, banane-passion-framboise ou fraise, poivre Timut-pamplemousse. « On souhaite s’amuser tout en gardant une production artisanale, souligne Marie-Charlotte. C’est pour cela qu’après la presqu’île de Quiberon et Vannes, nous arrivons à Nantes. Nous voulons continuer à grandir à notre rythme, doucement mais sûrement ».

La Cour d’Orgères

18 rue de la Fosse, Nantes

02 51 17 88 17

www.lacourdorgeres.com

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