Ici, c’est la Rabine !

Le RCV s'impose dans le haut niveau

Société

C’est historique. Jamais un club breton n’avait atteint la Pro D2, le monde professionnel du rugby. Une ascension qui s’est faite au fil des ans avec sérieux, sur des bases solides comme le granit. L’engouement est là , le public, fidèle depuis des années, est de plus en plus présent. Caméras et journalistes de la France entière viennent s’intéresser à  ce club qui a poussé si loin des terres traditionnelles de l’Ovalie. Un club qui n’est absolument pas un « phénomène », mais juste phénoménal.

C’est historique. Jamais un club breton n’avait atteint la Pro D2, le monde professionnel du rugby. Une ascension qui s’est faite au fil des ans avec sérieux, sur des bases solides comme le granit. L’engouement est là , le public, fidèle depuis des années, est de plus en plus présent. Caméras et journalistes de la France entière viennent s’intéresser à  ce club qui a poussé si loin des terres traditionnelles de l’Ovalie. Un club qui n’est absolument pas un « phénomène », mais juste phénoménal.

Le RCV a réussi son entrée dans la cour des grands. Rien à  dire. « Tenir en échec le grand Agen et s’imposer devant le géant Perpignan, ces deux faits d’armes du RC Vannes ne sont pas passés inaperçus. Deux résultats qui imposent le respect », note ainsi Midi Olympique, la bible des amateurs de ballon ovale. Le stade de la Rabine est en train de se faire un nom. Rien de plus normal pour un club qui a creusé son sillon à  la bretonne, sans trop rien dire et avec sérieux, depuis des décennies. « Nous avons monté les échelons un à  un, sans brûler les étapes, souligne Alain Berthe, ancien joueur et président du club. Nous avons grimpé une marche tous les dix ans. Certains rigolent en disant qu’en 2026, nous serons dans le Top 14 ». Le RCV, qui a son école de rugby, a conservé son staff d’entraîneurs et vingt-six des trente joueurs qui ont fait monter le club. Une dizaine de ces guerriers sont issus de la région vannetaise. De là  à  penser que la greffe a pris au pays du vélo et du foot, il n’y a qu’un pas. « Je suis persuadé que la Bretagne a tout pour être une terre de rugby, assure l’ancien président. Nous avons le tempérament pour ce jeu, nous sommes des Celtes, proche des Irlandais ou des Gallois. On a la mentalité faite pour le rugby : nous sommes tenaces, hargneux, solidaires ».

« Nous, on vient de l’Ouest »

En tout cas, à  voir l’ambiance qui règne à  quelques encablures du port de Vannes les jours de match, le déclic s’est déjà  produit auprès d’un public qui vient non seulement du golfe du Morbihan, mais aussi de toute la région, et parfois bien au-delà . La preuve, cette marée de Gwen ha Du, le drapeau breton, qui envahit les gradins à  chaque rencontre. « Les gens des autres clubs nous disent parfois qu’on vient du Nord, mais ce n’est pas vrai : nous, on vient de l’Ouest », assure crânement Mélanie, 27 ans, la compagne du pilier gauche Morgan Phelipponneau. Avant chaque match à  domicile, un bagad fait monter la température, histoire de montrer à  l’adversaire qu’ici, il joue vraiment à  l’extérieur. « Ça attire tout le monde, c’est un bon moment à  partager entre copines, s’enthousiasme Mélanie. C’est vrai que nous sommes dans une région de foot, mais je dirais qu’un match de rubgy, c’est plus chaleureux. Il y a presque une fièvre quand on se retrouve debout avec nos drapeaux en train de chanter ». Le breton est même devenu l’arme secrète des joueurs : les codes qu’ils se donnent lors des touches sont prononcés dans cette langue, à  laquelle les équipes adverses sont totalement hermétiques.

« Nous avons une chance inouà¯e »

Autre atout pour le RCV : son stade est situé en plein centre-ville. De quoi faire  battre le cÅ“ur de Vannes. Nombreux sont les commerces qui arborent les couleurs du club. « C’est une chance inouà¯e d’avoir notre stade à  la Rabine, sourit David Robo, le maire de la ville. C’est un stade un peu à  l’anglaise, où les spectateurs sont proches du terrain. Les gens viennent en famille avec les épouses, les enfants, les grands-parents. Il y a une vraie adhésion du public, des commerçants. Ça crée de l’économie, de l’ambiance, c’est gagnant-gagnant pour tout le monde et ça rend le maire heureux », s’amuse-t-il. Surtout, grâce au rugby, Vannes existe désormais sur la carte des villes sportives de France. « C’est un éclairage non négligeable pour notre cité. Le vecteur sportif est très important pour une ville de la taille de la nôtre. Qui connaîtrait Guingamp ou Gueugnon sans le football ? », interroge-t-il. « Aujourd’hui, notre objectif pour la saison, c’est le maintien. Nous voulons travailler dans la durée avec les deux cents soixante partenaires qui font vivre le club et qui font sa richesse. Aujourd’hui, à  Vannes, la terre n’est plus ronde, elle est ovale ».

VERBATIM

Après un début de saison tonitruant où le RCV a fait plus que de la figuration, nous avons voulu savoir quelles étaient les ambitions de François Cardron, président délégué et directeur général d’un club qui reste une exception géographique : le seul club pro au nord d’une ligne Oyonnax/La Rochelle.

« On ne va pas nous laisser rester si on ne va pas chercher les victoires ! Pour autant, ça se passe très bien, mais contrairement à  la saison dernière, à  chaque fois les matchs sont compliqués et les résultats, étriqués. Mais on a des joueurs qui se sont mis au niveau et on peut penser que nous avons la profondeur de banc. Il faut laisser du temps au temps. Le maintien en Pro D2, c’est nécessairement important dans le projet, mais quoi qu’il arrive, on continuera à  Å“uvrer. Les ambitions sont claires : faire venir des partenaires dans une zone de plus en plus élargie autour du rugby en Bretagne, et fidéliser le public autour du spectacle vivant. On peut qualifier le rugby ainsi, quand on voit la banane des supporters et des supportrices à  la fin des matchs. Il y a du spectacle, de l’engagement et de la solidarité. Aujourd’hui, tout va bien, mais il me tarde d’éprouver cette solidarité et de voir si le public sera là  aussi dans la difficulté. À plus long terme, notre grand plaisir serait que l’activité rugby soit naturelle pour le sportif breton, pour que les clubs autour de nous se développent. Il y a une vraie communauté qui se crée. Nous vivons une belle histoire qu’il faut raccrocher aux traditions et à  l’histoire de cette région, qui a une culture celte. À chaque match à  domicile, nous déposons des drapeaux bretons sur les sièges, mais le jour où le public viendra avec ses propres drapeaux, on pourra dire que le projet a encore grandi. »

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