Black Legends, c’est de l’émotion brute et une énergie folle
Après avoir conquis des dizaines de milliers de spectateurs depuis sa création en 2014 aux Folies Bergère, la comédie musicale Black Legends part à la rencontre du public dans les Zénith de France, dont le Zénith de Nantes Métropole. Sur scène, plus de trente artistes font revivre les grandes figures de la musique afro-américaine, de Tina Turner à Michael Jackson en passant par Beyoncé ou The Jackson 5. Danseuse et chorégraphe du spectacle depuis plus de dix ans, Cynthia Mpouma évoque les coulisses de cette fresque musicale et humaine.

Comment se déroule la préparation avant un spectacle comme celui-ci ?
On est en plein filage, donc tout s’enchaîne très vite. Ce qui est impressionnant dans une comédie musicale comme Black Legends, c’est que tous les corps de métier travaillent en même temps.
La chorégraphie, la mise en scène, les perruques, les costumes, la musique, les micros… tout doit s’articuler parfaitement. C’est un joyeux bazar en coulisse, mais un bazar très organisé ! Et comme le spectacle a déjà beaucoup tourné, on remet en route une vraie machine.
Justement, la tournée dans les Zénith marque un cap pour le spectacle ?
Oui, clairement. C’est une très grosse logistique. Il y a énormément de costumes, de perruques, beaucoup d’artistes sur scène… Passer dans les Zénith nous permet d’aller à la rencontre d’un public encore plus large. La scénographie prend une autre dimension : la scène est plus grande, il y a plus d’effets visuels, plus de danseurs. C’est un cap qu’on attendait depuis longtemps.
Vous êtes dans l’aventure depuis plus de dix ans. Qu’est-ce qui vous attache à ce projet ?
Je suis danseuse, professeure de danse depuis une vingtaine d’années, intermittente du spectacle… J’ai travaillé dans la comédie musicale, le cabaret, la chorégraphie. Mais Black Legends est un projet particulier. Depuis sa création en 2014, j’en suis très fière. C’est un spectacle qu’on a envie de défendre tout le temps, parce qu’il raconte quelque chose de fort.

Le spectacle retrace l’histoire de la musique afro-américaine. Qu’est-ce qui le rend si puissant ?
On traverse plusieurs époques et plusieurs combats. On parle de ségrégation, de racisme, mais aussi de réussite et de résilience. Des figures comme Rosa Parks ou des événements comme l’affaire Rodney King sont évoqués. Mais on parle aussi d’artistes qui ont changé les choses. Ce sont des personnes influentes qui avaient quelque chose à dire, et qui ont marqué l’histoire.
Est-ce que ces thèmes résonnent encore aujourd’hui pour les artistes sur scène ?
Oui, malheureusement. Quand on joue certaines scènes, on se rend compte que ces sujets ne sont pas si loin de notre réalité. Ça rend notre jeu très sincère, parce qu’on s’appuie sur des émotions réelles. On parle d’état de corps et d’émotion : chaque tableau peut nous renvoyer à notre propre histoire. C’est ce qui rend le spectacle très poignant.
Parmi tous les artistes évoqués, lesquels vous touchent le plus personnellement ?
Tina Turner, sans hésiter. Pour sa force, sa fougue, ses combats… Elle représente tellement de choses. Quand je l’incarne, je me transcende vraiment. Sa rage et sa détermination parlent à énormément de gens. Et puis il y a Michael Jackson. C’est un artiste incroyable, avant- gardiste, un spectacle à lui tout seul. J’ai grandi dans une famille où on écoutait beaucoup de soul et de gospel, donc ces musiques font partie de moi.

La musique semble être au cœur de tout…
Oui, et elle est extrêmement riche. On traverse le blues, le gospel, la soul, la pop… Mais ce qui est fascinant, c’est que certaines chansons semblent festives alors que leurs paroles racontent des choses très dures : la lutte pour la liberté, l’envie de s’en sortir, les combats pour les droits.
Quel moment aimez-vous le plus dans la réaction du public ?
Quand les gens se lèvent, dansent, chantent… On voit des spectateurs debout sur leur siège ! Mais il y a aussi des moments de silence, de prise de conscience, d’émotion. C’est ça qui est magique : on peut rire, danser et être bouleversé dans le même spectacle. Si le spectacle marche depuis autant d’années, c’est aussi grâce au bouche-à- oreille. Les gens passent un super moment… et reviennent souvent le voir.
Le 6 juin 2026 au Zénith de Nantes Métropole, Saint-Herblain



