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Le Puy du fou s’attaque à la gastronomie

Au cœur du bocage vendéen, là où les spectacles du Puy du Fou plongent chaque année trois millions de visiteurs dans une fresque historique immersive, une nouvelle scène s’ouvre… dans l’assiette. Avec l’inauguration de L’Auberge, le parc franchit un cap en confiant la signature culinaire du lieu à Alexandre Couillon, figure majeure de la gastronomie contemporaine mondiale et… vendéenne.

Pour le chef de La Marine, trois étoiles Michelin bien ancrées sur le port de L’Herbaudière à Noirmoutier, il n’a jamais été question de transposer son univers maritime au Puy du Fou.

« On ne peut pas refaire La Marine ici, c’est une autre aventure », insiste-t-il.

Ce projet, mûri depuis plusieurs années, se veut avant tout une exploration nouvelle : celle du bocage, de ses terres, de ses élevages et de ses cultures. Ici, l’iode laisse place aux parfums du blé, aux herbes sauvages, aux légumes de saison et aux volailles locales. L’approche reste fidèle à l’ADN du chef : un ancrage fort dans le territoire, mais avec un terrain de jeu élargi. Escargots vendéens, produits fermiers, beurre aux herbes : la cuisine se veut paysanne, sensible et évolutive.

« Il faut prendre ses marques », confie le chef, conscient du défi que représente cette seconde maison loin de son île de Noirmoutier. Une aventure qu’il décrit comme « un beau challenge », autant pour lui que pour les équipes.

Transmission et présence : un projet humain avant tout

Plus qu’une simple signature, la présence d’Alexandre Couillon s’inscrit dans une logique d’accompagnement. « On ne prend pas possession, on transmet », résume-t-il.

Le chef revendique un rôle de coach auprès des brigades en place, avec une volonté forte de former, de dialoguer et de faire progresser. Cette implication se traduit par une présence régulière sur site et une communication constante avec les équipes. L’objectif : ajuster, corriger, faire évoluer une carte vivante, capable de s’adapter au rythme des saisons comme aux retours des convives.

« Si un produit arrive en fin de saison, on change tout de suite. Il ne faut pas attendre », explique-t-il. Une philosophie qui s’inscrit parfaitement dans la vision portée par Nicolas de Villiers. Pour lui, la gastronomie fait pleinement partie de l’expérience globale : « Le spectacle n’est pas seulement sur scène, il est aussi dans l’assiette. »

Une expérience immersive jusque dans l’assiette

Au Puy du Fou, la restauration ne se pense pas comme une simple pause, mais comme une continuité du récit dans les vingt-six restaurants. Auberges, restaurants immersifs ou festifs : chaque lieu participe à l’expérience globale du visiteur. L’Auberge, sous forme d’un relais de poste du XVIIIe siècle, s’inscrit dans cette logique, avec une proposition plus gastronomique, mais toujours accessible avec des menus proposés entre 57 et 72 euros pour quatre ou cinq épisodes.

Car l’ambition du parc reste claire : proposer un haut-de-gamme populaire. Autrement dit, offrir une cuisine de chef sans rompre avec l’accessibilité qui fait son succès… même la perspective d’obtenir une étoile n’est pas absente du projet.

Mais pour l’heure, pour Alexandre Couillon, l’essentiel est ailleurs : « Je veux que les gens passent un bon moment et disent simplement : “ Qu’est-ce que c’était bon ! ” »

Pas de démonstration inutile, mais une cuisine réconfortante, sincère, appelée à évoluer avec le temps. Vers le firmament ?

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