Dossier

Angers, une nouvelle attractivité

La douceur oui, l'audace aussi

Pour vivre heureux, vivons cachés ? Au pays même de Du Bellay, l’adage semble avoir pris du plomb dans l’aile ces derniers temps. Et la douceur angevine, chère au poète de la Pléiade, un léger coup de vieux. Ou de jeune. C’est selon les points de vue. Car de classements en études sur l’attractivité des grandes villes françaises, une réalité s’impose depuis une dizaine d’années : Angers est rarement absente des podiums.

« Un cocktail gagnant fait d’excellence scolaire et universitaire, d’une offre de soins haut de gamme, d’une attention constante au développement durable, le tout dans un contexte d’insécurité négligeable et de prix de l’immobilier raisonnables », louait avec des arguments un brin formels le magazine L’Express en septembre dernier, pour justifier la première place attribuée à Angers dans son classement des cent villes « où il fait bon vivre, travailler et entreprendre ».

Décomplexée

Publié dans un hors-série destiné à « ceux qui veulent quitter Paris », l’affaire n’est pas passée inaperçue : « ville la plus attractive de France », s’il vous plaît ! Sur les bords de la Maine, le renouveau, entrevu par les médias nationaux, ne se résume heureusement pas à des tableaux de statistiques. Plus encore ces dernières années, les signes se multiplient qui témoignent d’une énergie et d’une ambition, enfin affranchies du voisinage nantais. Oubliée l’image de « belle endormie » ? La douceur climatique, l’omniprésence des parcs et jardins, le patrimoine historique, l’offre universitaire, les prix de l’immobilier… Si tout cela demeure, que serait Angers sans dynamique commerciale ? Sans créativité culturelle et entrepreneuriale ? Sans audace collective ? En donnant la parole à des femmes et hommes qui incarnent, chacun à leur place, le renouveau angevin, c’est cette réalité-là que nous avons essayé d’approcher d’un peu plus près. Alors, elle tient à quoi, la nouvelle attractivité d’Angers ?

 

« Un vrai changement de logiciel »

Pour tenter de comprendre les ressorts de la nouvelle attractivité d’Angers, Urbanne a rencontré Catherine Goxe, adjointe au rayonnement de la ville.

À quels caractères d’Angers associez-vous en premier lieu le mot « attractivité » ?

À sa clarté. Quand on arrive en ville, ce qui frappe dans l’hyper-centre, c’est bien cette clarté. L’architecture et l’emblématique pierre de tuffeau y sont pour beaucoup. La place qu’occupent les jardins, les parcs, les arbres de façon générale – même si nous en avons dû en abattre pour les besoins de la deuxième ligne de tramway-, jouent aussi un rôle évident en ce sens : la ville respire ! L’espace urbain n’est pas engoncé et on a plaisir à s’y promener.

Une image de carte postale…

Oui, mais une réalité ! L’attractivité, c’est aussi la qualité de vie dont on prend la mesure quand on est installé ici depuis un certain temps. Ce sont les circulations. Même si, avec le chantier du tramway, les choses sont plus compliquées aujourd’hui, le fait est qu’à Angers, il est possible de circuler facilement, et ce sera encore mieux demain avec le plan vélo. C’est une offre culturelle hyper variée entre les différents théâtres et salles de spectacle, les festivals : Accroche-Cœurs, festival d’Anjou, Cinéma d’Afrique, Levitation, Premiers Plans… Je reste ébahie de voir que dans les écoles de cinéma en Europe, on sait très bien placer Angers sur une carte de France, quand certains en France nous confondent encore avec Agen…

Angers SCO contribue-t-il aussi à l’attractivité de la ville ?

C’est évident : merci le SCO ! Du jour où le club de football s’est maintenu en Ligue 1 (il y vit sa quatrième saison d’affilée, ndlr), on a vu les choses changer. Le fait d’avoir donné très rapidement le nom de Raymond Kopa au stade, après le décès du champion, a été aussi un vecteur de notoriété. À leur manière, les Ducs d’Angers, qui évoluent depuis vingt-six ans au plus haut niveau du hockey sur glace français, participent aussi à cette notoriété.

Architecture, culture, sports… Mais encore ?  

On ne peut pas oublier la gastronomie et les vins ! La troisième édition de Food’Angers vient de confirmer que la greffe a pris très vite autour de ces thèmes. Restaurateurs, viticulteurs, formateurs… On a un terreau impressionnant et, avec Pascaline Lepeltier (voir notre mini-portrait), une ambassadrice inespérée.

Être attractif, c’est aussi le faire savoir ?

La ville a réussi à se développer sans se faire mousser sous l’ère Jean Monnier. Mais aujourd’hui, on a pris le parti de le dire et de s’ouvrir. C’est vraiment un changement de logiciel. C’est l’ouverture aux nouvelles technologies, au territoire intelligent via le développement des objets connectés, dont le World Electronics Forum a été une formidable vitrine en octobre 2017. C’est la réussite du concours d’architectes Imagine Angers. C’est aussi un travail de l’ombre avec des dizaines d’ambassadeurs partout dans le monde, qui ont vécu à Angers pour leurs études ou des expériences professionnelles. En clair, on veut dire aux Angevins : vous n’avez aucun complexe à avoir, soyez fiers de votre ville !

© Ville d’Angers – Th. Bonnet

Pony Bikes, petite monture deviendra grande

Lancé en novembre 2017, l’opérateur français de free floating a réussi son premier pari à Angers : gagner le cœur d’une communauté cycliste urbaine qui se retrouve dans sa quête d’indépendance. La clé, selon ses fondateurs, pour pérenniser son modèle.

Impossible de les manquer. Dans les rues d’Angers, les petits vélos bleu cyan Pony Bikes font désormais partie du décor. Comme le tramway arc-en-ciel dont une deuxième ligne, en construction, étendra le déploiement d’ici à 2022 (lire ci-contre), ces cinq cents bicyclettes sont venues enrichir la palette d’offres en mobilités douces de l’agglomération. Et participent, de fait aussi, à la modernisation de son image.

Fondée et lancée à Oxford (Royaume-Uni), quelques mois avant Angers, par Clara Vaisse et Paul-Adrien Cormerais, un jeune couple d’entrepreneurs français, Pony Bikes est encore une start-up. Elle en revendique fièrement la culture et l’esprit d’indépendance, là où le free floating donne lieu, un peu partout dans le monde, à une surenchère plus ou moins vertueuse entre grands opérateurs.

 

Une communauté

Le succès de ces vélos tient à son modèle. Des cycles 24 pouces connectés et géolocalisés, à vitesse unique, légers, pratiques et sympas. Un système de location ultra-souple à coût modique (0,80 € la demi-heure), via une appli. Et, surtout, un service de suivi et maintenance d’autant plus efficace que toute une communauté en assure indirectement l’animation. « Dès qu’il y a un problème sur un vélo, la communauté Pony réagit. Des gens réparent les vélos des autres, et font en sorte que les vélos ne soient pas dispatchés partout. Nous avons quatre fois moins de vandalisme que la concurrence », se réjouit Yan Garnier, le manager, qui veille avec un enthousiasme viral sur les équipes angevines de Pony Bikes.

La moitié du parc vendue aux usagers

Getapony – « adopte un Pony  »- n’est pas que le nom de l’actif compte Twitter de l’opérateur, c’est devenu un slogan, une marque et une forme de code de ralliement pour tous ses adeptes. Tant et si bien qu’en septembre, Pony Bikes n’a pas hésité à se tourner vers eux pour franchir une nouvelle étape : leur proposer d’acquérir la moitié de son parc de vélos (à 195 € l’unité), moyennant un accès gratuit à toutes les bicyclettes et la récupération de la moitié des gains de location. Un choix stratégique sans précédent. Payant. « Les deux cent cinquante vélos ont été adoptés en très peu de temps, et on a un bon millier de personnes en attente, sourit Yan Garnier. Surtout, ça a responsabilisé un peu plus encore la communauté dans l’attention portée aux vélos et au service. » Pas une seule des quarante trottinettes électriques qui ont rejoint le parc en avril, n’a été perdue. De quoi donner de nouvelles ambitions aux fondateurs de Pony Bikes, qui viennent de rapatrier leur siège d’Oxford à Angers. Vélos électriques, vélos-cargos, augmentation du parc… L’adoption, en mars, d’un nouveau plan vélo par la ville d’Angers leur ouvre aussi des perspectives et l’envie de se tester sur une grande agglomération.

 

 

 

 

« Dix ans que ça explose dans tous les sens »

Yan Garnier, manager Pony Bikes

« Je suis Angevin depuis 2003. J’entends toujours dire qu’Angers est une ville verte à taille humaine, avec une vraie douceur de vivre, etc. C’est vrai, mais c’est très, très tarte à la crème, et on oublie de dire que la ville a une dynamique incroyable, que ce soit en termes de « cultures », de gastronomie, d’entrepreneuriat… Celui qui dit qu’on s’ennuie à Angers, il faut qu’il m’explique. Ça fait une dizaine d’années que ça explose dans tous les sens. Angers mérite d’être mise en avant pour toutes ces autres énergies qui sont en train de la faire grandir. L’intérêt d’être là pour une entreprise comme la nôtre ? Angers a ce côté un peu contradictoire d’être partagé entre une frange de la population qui a du mal à accepter le changement, et une autre qui a envie de nouveauté. C’est sans doute vrai dans toutes les villes, mais, et la grande distribution le sait bien, la bonne proportion entre étudiants, retraités et classes moyennes fait d’Angers une ville « panel » idéale pour tester tout un tas de nouveautés. Pour Pony Bikes, c’était donc hyper intéressant d’expérimenter un concept très novateur dans une ville où il allait falloir aussi se battre pour être accepté.

L’image de la ville à l’extérieur ? Par réaction sans doute un peu protectionniste, moi le premier, on a parfois envie de ne pas trop dire qu’on adore notre ville, par peur peut-être de se faire envahir par des Parisiens. La réalité, c’est qu’à une heure et demie de Paris, de la mer, à côté de la Bretagne, on a plein d’avantages à vivre ici et à y voir grandir nos enfants. »

Tramway, la nouvelle donne

1 + 1 = 3. À Angers, la réalisation de la nouvelle ligne de tramway entre le quartier de Belle-Beille, au nord, et celui de Monplaisir, à l’est, donnera lieu, en réalité, à l’ouverture concomitante d’une troisième ligne en 2022 entre Belle-Beille et La Roseraie. Un déploiement rendu possible par le jeu des croisements avec la première ligne ouverte en juin 2011.

Pour un étudiant, seize minutes suffiront alors pour rallier la place Molière au pied du centre-ville, depuis le campus universitaire de Belle-Beille. Et cinq pour gagner la gare Saint-Laud depuis le Centre des congrès, dont la réouverture après rénovation va contribuer aussi à changer le paysage urbain du centre-ville. Cent mille habitants, soit 35% de la population de l’agglomération, seront alors desservis par le tramway. Le coût du chantier a été estimé (initialement) à 245 millions d’euros.

Start up : WeForge, l’incubateur 2.réseau

Depuis son ouverture, en 2013, en cœur de ville, cette structure 100% privée a accompagné plus de trois cent cinquante projets, essentiellement dans le numérique et le digital. Et construit un surprenant écosystème d’entrepreneurs où créativité et réseautage fonctionnent à plein.

C’est une ruche. Mais ses occupants préfèrent de loin l’image de la forge. Question de communication et de bon sens, quand on s’appelle WeForge, le nom de la société qui gère et anime les 1800 m² de locaux sur lequels ouvre le 25 de la rue Lenepveu. La porte voisine de la FNAC, à deux pas de la place du Ralliement… Une adresse difficile à rater.

Depuis six ans, en marge et en complément des structures officielles d’accompagnement à la création d’entreprise de la région, c’est ici que s’élance une partie des entrepreneurs et travailleurs indépendants 2.0 et 3.0 d’Angers. Soit, au quotidien, près de cent trente personnes qui partagent en colocation bureaux, salles de réunion, espaces de convivialité et cuisine, dispatchés sur deux étages. Et un peu plus que cela : un état d’esprit, « une communauté forte », appuie Simon Gérard, l’un des deux créateurs-associés de WeForge, avec Julien Fournier.

L’esprit « communauté » revendiqué

Au début des années 2010, tous deux sont partis d’un double constat : d’un côté, le fait que des industriels de la région – dont Philip Fournier, le PDG d’Afone et père de Julien -, souhaitaient s’investir pour soutenir des projets d’innovations sur le territoire angevin ; d’un autre, qu’il existait, isolés jusqu’alors, un certain nombre d’entrepreneurs à la recherche d’une dynamique collective, fluide et simple, pour se lancer. « Cannibalisante », l’idée initiale d’une simple structure financière, style fond d’investissement, a cédé progressivement la place à autre chose. D’abord, une grande colocation où les entrepreneurs partageraient non seulement leurs frais, mais leurs projets et leurs éventuelles préoccupations « pour rompre leur isolement ». « En six mois, on a rempli les lieux, en partie avec des amis qui créaient leurs boîtes, raconte Simon. On ne propose pas d’engagement au-dessous d’un mois, car on souhaite que les forgerons s’impliquent dans la communauté. »

 

Accompagnement à la carte

L’offre de services a suivi et s’est développée progressivement pour répondre aux autres besoins des locataires : innovation, communication, recherche de partenariats, ressources humaines, financements… Pour y répondre, WeForge s’appuie sur de multiples outils et initiatives : ateliers de formation, événements, workshops, studio, petits déjeuners de travail, dans un esprit qui désacralise volontiers l’acte d’entreprendre. « C’est générationnel. L’envie d’entreprendre s’est développée, à Angers comme ailleurs, mais les modes d’échanges, de travail et d’investissement ont complètement évolué. Ce qu’on recherche, c’est un soutien pragmatique à ces entrepreneurs », explique Simon Gérard.

Les forgerons se répartissent en trois familles principales : les indépendants (designers, community managers, développeurs, data-analystes…), les porteurs de projets, et les « boîtes plus avancées ». Des noms ? Facil’immat (immatriculation), Cross Data (intelligence artificielle), Delivagri (livraison de produits agricoles), Paranocta (lampadaires connectés) ou encore Rhmee (conseil en ressources humaines) témoignent de la diversité des activités qui ont germé à WeForge. « Le but final, c’est bien d’amener les entreprises vers leur autonomie », insistent les créateurs de WeForge, dont la réussite fait parfois des jaloux : « On a même des boulangers qui sont venus frapper à notre porte ! »

WeForge

25 rue Lenepveu, Angers

02 44 88 93 18

www.weforge.fr

Utopi’Hall

L’épicerie du futur ?

Dans cette nouvelle halle alimentaire, jeunes pousses et plantes aromatiques sont produites sous led, juste à côté des rayons que dominent des produits fermiers et artisanaux de tout l’Anjou. Utopie ou bon sens ? « Les deux, mon capitaine ! », répondent ses créateurs !

Un pari fou. Et une histoire de « convictions » avant tout. « Après sept ans chez L’Oréal, je voulais me réconcilier avec la sensibilité écologique que j’ai depuis tout petit. Je n’avais pas envie d’être spectateur du changement », explique Victor Flomont, 32 ans, le créateur d’Utopi’Hall. Natif de la Champagne, ce diplômé d’école supérieure de commerce s’est associé à un autre trentenaire, Sébastien Moreau, lui aussi sorti d’un grand groupe français, pour concrétiser son besoin « de réfléchir à une nouvelle manière de consommer ».

Victor Flomont et Sébastien Moreau, les créateurs d’Utopi’Hall posent dans leur commerce

 

 

Du Quai à Saint-Serge

Amorcées en 2014, les réflexions l’ont d’abord conduit sur la toiture du Quai, l’immense théâtre qui fait face au château d’Angers, où il s’imaginait bien produire des légumes. « Mais elle n’a jamais été conçue pour ça. Techniquement, c’était une impasse. On nous a aussi proposé les jardins près de la place François Mitterrand », raconte Victor. Finalement, c’est un ancien centre de tri postal, à proximité immédiate du marché d’intérêt national, de la Chambre d’agriculture et de l’Université, qui emporte l’adhésion. Un choix stratégique dans ce quartier Saint-Serge en plein devenir. Entre-temps, l’idée a évolué. « Un outil de production seul, c’était économique discutable », reconnaît le créateur d’Utopi’Hall, qui réunit en un même lieu un magasin de produits fermiers et artisanaux locaux, une salle de production sous lumière assistée et un espace destiné à accueillir des ateliers et des rencontres proposés par des « changeurs de monde ».

 

Culture paysanne

Attardons-nous sur le premier. Plus de quatre-vingt-dix producteurs locaux « dont 70% du Maine-et-Loire » s’y partagent les rayons. Fruits et légumes, crèmerie, charcuterie, épicerie, jus de fruits, bières et vins… « Pendant huit mois, je suis allé chercher les producteurs un par un pour jauger la qualité de leur travail et mesurer leur engagement écologique. La réalité, c’est que le Maine-et-Loire est d’une richesse incroyable : aucune difficulté pour remplir un magasin comme celui-là », loue Victor Flomont.

 

Crème fraîche et riz au lait de Sainte-Gemmes-d’Andigné, yoghourts de Longué-Jumelles, beurre de Saint-Christophe-du-Bois, fromage de chèvre de Saint-Quentin-en-Mauges, poulets bio de Vern-d’Anjou et Trémentines, jambon blanc de Valanjou, viande de bœuf Rouge des prés de Beaufort-en-Vallée… Au rayon « frais », la lecture des étiquettes est une invitation au voyage dans les terres agricoles de l’Anjou. « On veut coller à l’image du territoire, mettre en avant la culture paysanne et redonner un vrai pouvoir aux clients pour bien manger », justifie Sébastien Moreau.

Ferme urbaine ?

Vaste et chaleureuse, à l’image du piano posé près du vrac, la halle alimentaire invite à prendre son temps. Et la large vitre donnant sur l’outil de production pique la curiosité. Salades, plantes aromatiques et jeunes pousses y croissent en godets sur de grandes planches, réparties sur plusieurs niveaux et légèrement inclinées, pour permettre le recyclage de l’eau. C’est le fabricant de terreaux La Florentaise (basé à Saint-Mars-du-Désert en Loire-Atlantique) qui assure le suivi de culture de cet outil de production vertical surprenant, garanti « sans phyto ». Pour quel bilan écologique ? « Nous avons pris les leds les moins énergivores du marché, l’eau est recyclée, et la volonté, c’est de produire en priorité des variétés généralement importées – basilic citronné, moutarde de Chine…- pour limiter les émissions de carbone », argumente Victor Flomont. Une certitude dont on peut attester : les jeunes pousses ont vraiment du goût.

Utopi’Hall

6 rue du Maine, Angers

02 52 60 31 36

www.utopihall.fr

L’ambition Angers French Tech

Devenir, à l’échelle internationale, une place incontournable en matière d’objets connectés. En accueillant, en octobre 2017, le World Electronics Forum, sorte de Davos de l’électronique, Angers et son maire, Christophe Béchu, ont réussi à prouver que l’ambition politique affichée deux ans plus tôt, avec l’inauguration de la Cité de l’objet connecté (par François Hollande et Emmanuel Macron), n’avait pas été qu’un coup d’épée dans l’eau. Au centre de ce jeu économique et diplomatique, la coopérative Angers French Tech joue un rôle clef : à la fois fédérateur des start up, PME et grands groupes de la région orientés autour de l’IOT (Internet des objets) – une centaine ont adhéré – et facilitateur-prospecteur à l’international de leur développement. Une orientation dont témoignent les relations et accords noués avec les États-Unis, la Chine ou les Philippines, où une délégation angevine se rendra fin mai, peu avant de se rendre au CES Asia, le plus grand salon de technologie grand public du continent.

Corine Busson-Benhammou et Yannick Bourdin, le directeur de la coopérative Angers French Tech.

Depuis le 15 février, Angers French Tech, c’est aussi un tiers-lieu collaboratif de 1600 m², rue Thiers, dans les locaux du Crédit Mutuel Anjou. Une installation provisoire, en attendant la concrétisation de son propre projet dans l’ancienne poste du Ralliement. Mais, déjà, un vrai pied-à-terre pour des entrepreneurs du numérique français et étrangers, tel Yoomonkeez (micro-formation digitale), créé par Vincent Caltabellotta (lire ci-contre). « Ce qui a changé à Angers, c’est l’audace. Et le fait de l’assumer, soutient Corine Busson-Benhammou, la directrice des relations internationales d’Angers French Tech. Sans elle, on n’aurait jamais été labellisé par la French Tech. C’est cette audace qui nous rend visibles auprès des entreprises, en France comme à l’étranger. »

www.angersfrenchtech.com


 

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