« Vivre dans un Show-Room,

ce n'est pas très intéressant »

Portrait

Stéphane Thébaut, l’animateur de l’émission « La Maison France 5 » est venu début septembre tourner à  Guérande, Trentemoult et Nantes. Un (re)découverte plaisante pour le journaliste originaire de Saint Brieuc. Nous avons profité d’une visite de la place Graslin et de la Cigale pour lui demander quelle est sa vision du monde de la déco et de l’habitat. Interview exclusive.  

Stéphane Thébaut, l’animateur de l’émission « La Maison France 5 » est venu début septembre tourner à  Guérande, Trentemoult et Nantes. Un (re)découverte plaisante pour le journaliste originaire de Saint Brieuc. Nous avons profité d’une visite de la place Graslin et de la Cigale pour lui demander quelle est sa vision du monde de la déco et de l’habitat. Interview exclusive.  

Stéphane Thebaut

Vous nous faites découvrir en permanence des lieux incroyables Qu’est ce qui vous intéresse dans ces visites ?

Les gens m’intéressent, les histoires m’intéressent. Ca fait 16 ans que je fais cette émission et je ne peut pas me lasser de la faire : à  chaque fois c’est une rencontre très différentes. Votre maison n’est pas la même que la mienne ou n’est pas la même que celle de votre voisin. Cette succession d’histoire m’enrichit à  titre personnel donc je prends, depuis 16 ans, un pied énorme à  faire cette émission

Ce n’est pas redondant ? Est-ce qu’on ne vous explique pas 100 fois les même choses ?

Si vous restez sur l’aspect technique des choses, c’est sûr : une maison se fait toujours avec des matériaux, des techniques, des architectes, des artisans … Donc si on reste purement sur l’aspect technique ça pourrait être à  un moment donné lassant. Mais ce n’est pas la réalité du tout. Si la maison a été pensée d’une certaine façon avec des matériaux spécifiques, une circulation précise, c’est parce que les gens qui vivent dedans l’ont imaginé. C’est ça qui m’intéresse dans l’émission. J’essaie de faire visiter des maison qui ne sont pas des copier-coller. Ces maisons peuvent vous inspirer mais vous ne ferez jamais la même, je l’espère pour vous parce que vivre dans un show-room, ce n’est pas très intéressant.

Au travers de ces visites que voulez-vous mettre en avant ?

Je veux proposer des sources d’inspiration en matière de matériaux, d’associations de couleurs qui puissent concerner un maximum de gens. C’est pour cela qu’on multiplie, dans la même émission, des exemples totalement différents : des maisons contemporaines plutôt vastes et des appartements beaucoup plus petits mais bien agencés.

Leur intérieur intéresse de plus en plus les français … comment avez vous accompagné cette évolution ?

C’est vrai que les attentes du consommateur ne sont plus les mêmes. On peut parler du financement des appartements, des matériaux utilisés, des sources d’énergie dans la maison, le développement durable, l’écologie … tous ces sujets sont abordés dans les journaux d’information ou dans les magazines spécialisés, mais nous essayons de les aborder d’une façon différente.

Vous n’êtes pas du « sérail » de la déco. C’est un plus pour vous ?

Je me positionne en tant que journaliste. Je ne me fait jamais passer pour un architecte, un designer à  la différence parfois de certains de mes petits camarades. Je reste dans mon rôle de journaliste qui va à  la rencontre de professionnels qui ont un vrai savoir-faire. Le principe c’est d’éveiller le téléspectateur en lui disant « faite preuve de bon sens » lorsque vous vous lancer dans un projet de construction ou de réhabilitation. Si demain vous deviez vous faire opérer, vous iriez voir plutôt quoi, un chirurgien ou un boulanger ? Si vous refaite des travaux chez vous, tant qu’à  faire, faites appel à  un professionnel. Un architecte fait des études, a suivi des formations pour optimiser le moindre cm2 de votre maison donc faites lui confiance.

Quand vous arrivez dans une demeure, vous essayer de vous laisser surprendre par le lieu ?

Quand j’arrive dans une maison, je ne la connais pas. Je fais un premier tour avec le propriétaire qui m’explique succinctement les lieux et après l’interview se fait. Ce n’est d’ailleurs même pas une interview, c’est une conversation. Je discute avec les gens pour savoir pourquoi la maison a été conçue comme ça et pas autrement. Donc, c’est une découverte que je fais pratiquement en même temps que celle des téléspectateurs

Au fil des visites vous avez dû avoir quelques coups de coeur … Mais ce n’est sans doute pas le cas à  chaque fois ?

Il y a plein de maison dans lesquelles je suis rentré en me disant « je ne pourrais pas vire ici ». Sinon, j’ai eu plein de coup de coeur mais sur 1300 ou 1400 maisons que nous avons visité, il y a peut être une dizaine de maison dans lesquelles j’aurais posé mes valises et ou je n’aurais touché à  rien. Un exemple qui me reste très ancré, c’était au début de l’émission, au Muy, au dessus de Saint Tropez. C’était une maison qui appartenait à  un marchand d’art, elle était très ouvertes, très blanche et en même temps très minérale avec une seule pierre utilisée pour les sols de la maison et le fonds de piscine : de la pierre grise de Venise, la maison était graphique, elle était sublissime.

Ce sont des maisons de rêves, mais comme les rêves, inaccessibles, non ?

Souvent les gens me disent « vous montrez des maisons » qu’on ne pourra jamais s’offrir. Qu’ils se rassurent : moi non plus.

Vous êtes en tournage à  Nantes, quel regard portez vous sur cette ville ?

Hier, j’étais à  Trentemoult, j’adore ! D’ailleurs on nous raconte des histoires sur ces façades repeintes avec le reste de peintures des bateau… Pas du tout ! C’est une architecte qui a fait une demande au début des années 2000, ça a été accepté et ça a fait école. C’est le genre d’histoires que j’aime raconter. A Nantes vous passez la loire, vous faite 5 min de bateau et vous êtes à  Trentemoult, vous avec l’impression d’être au Brésil ou dans un autre pays. C’est génial : ou que vous soyez en France dès que vous tournez les yeux vous découvrez quelque chose de totalement différent.

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