L’hiver à  Rhuys

en mode doudoune et bourriche

Evasion

L’hiver, les parcs ostréicoles sont en pleine effervescence et l’huître est la reine incontestée des tables de fêtes… Pourtant, c’est surtout lors des vacances estivales, temps d’activité plus réduite pour les ostréiculteurs, que les visiteurs se pressent pour mieux en connaître le subtil élevage. D’où la volonté de l’Office de Tourisme de la presqu’île de Rhuys de faire de l’univers de l’ostréiculture un tourisme des quatre saisons.

Sans ses huîtres, la presqu’île de Rhuys ne serait pas tout à  fait elle-même. Sur le territoire de quatre de ses six communes, quelque soixante-dix ostréiculteurs en ont fait un emblème de qualité et de plaisir. Mais l’envers du décor reste mal connu des touristes et de nombre d’habitants à  l’année. Surtout l’hiver, où pourtant tout se passe. « D’octobre à  février, les chantiers ostréicoles sont de vraies ruches de travail dans le froid, et les huîtres sont au top de leur saveur sur les tables des domiciles ou restaurants chauffés… Et pourtant, l’idée de proposer à  des vacanciers de venir se promener dehors, emmitouflés, à  la rencontre de ce monde de l’ostréiculture et de déguster sur place, n’était venue à  personne par chez nous, raconte Arnaud Burel, directeur de l’Office de Tourisme. C’est donc un plan général de promotion de nos huîtres sur toute l’année que nous avons élaboré avec les élus des communes et les professionnels ». Trois grands axes guident cette volonté.

Appellation et Maison de l’Huître

À moyen et long terme d’abord, avec la recherche de l’obtention du label prisé « Site remarquable du goût » pour l’ensemble de la presqu’île. « Sur Le-Tour-du-Parc, les huîtres poussent en Atlantique avec de forts marnages du large qui leur donnent une saveur unique ; par contre, sur Arzon, Sarzeau et Saint-Armel, elles grandissent dans les eaux du golfe du Morbihan, site fermé et préservé, poursuit Arnaud Burel. Cela induit des façons différentes de les élever, une saveur particulière au gré des emplacements, et donc de multiples découvertes et sensations pour le visiteur.

Avec pour point commun ce terroir de Rhuys ». Un dossier est ainsi en cours de préparation pour décrocher le label, synonyme également de fréquentation touristique augmentée.

Les responsables de la presqu’île se sont aussi intéressés à  ce qui pouvait se faire ailleurs, dans d’autres bassins ostréicoles. « La création d’une Maison de l’Huître, comme il en existe à  Arcachon et à  Marennes, nous a semblé une bonne idée à  reprendre. Nous nous sommes rendus sur place pour recueillir l’expérience de ces pionniers et notre Maison, adaptée à  nos spécificités, verra le jour dans un an ». L’implantation en a été choisie : ce sera au Tour-du-Parc à  Pencadenic, déjà  un des hauts lieux de l’ostréiculture de Rhuys. Ludique, pédagogique, animée, la future Maison de l’Huître sera une vraie plaque tournante pour tout curieux, et gourmand, de l’emblématique coquillage.

Tour bus

Sans attendre la Maison et le label, la promotion de l’huître des quatre saisons va prendre à  court terme le visage d’un minibus d’une vingtaine de places qui sera lancé sur les routes pour les vacances de Noël prochain. « À bord de ce véhicule grand confort, hiver oblige, un guide amènera les visiteurs au plus près du travail des parcs alors en plein boum. Pas question de perturber l’activité des chantiers, car le rendez-vous aura été organisé pour que les ostréiculteurs aient du temps à  donner afin de raconter leurs métiers et la vie de l’huître… Jusqu’à  sa dégustation sur place, tout juste sortie de l’eau », conclut Arnaud Burel. Ce premier circuit inédit de deux heures se renouvellera aux vacances scolaires de février 2017. Les avis des participants serviront alors à  peaufiner si besoin l’initiative pour l’hiver suivant avec, cette fois, la toute nouvelle Maison de l’Huître pour encore mieux partir à  la rencontre de la chair iodée du coquillage made in Rhuys.

Yves Pouchard

rhuys14_mg_4779-hd

_mg_9262

_mg_9247

Accueil > Société > L’hiver à  Rhuys