Photo aérienne de la zone naturelle des marais salants de Guérande 44350, département de la Loire Atlantique, Région Pays de la Loire - Juillet 2013

La cosmétique bio

entre terre et mer

Engagement

Si le bio est de plus en plus présent dans nos assiettes, il l’est aussi dans nos salles de bains. Et on peut même se fournir tout près de chez nous grâce à des marques qui défendent la filière cosmétique bio locale et utilisent aussi bien les ressources de la terre que celles de la mer.

Il y a trente ans, les premiers cosmétiques locaux à base d’extraits végétaux apparaissaient sous la marque Fleurs des Mauges. Une démarche presque militante à cette époque. « Lorsque ma mère, Jeanine Gabory, a lancé Fleurs des Mauges, on ne parlait pas de bio. Jusqu’à la fin des années 90, les écolos étaient des marginaux. C’est parce qu’elle était allergique aux parfums de synthèse qu’elle a cherché des alternatives aux produits conventionnels. Avec la multiplication des scandales alimentaires, les mentalités ont commencé à changer », retrace Samuel Gabory, président-directeur général du groupe Nature et Stratégie, issu de Fleurs des Mauges.

Car depuis, l’entreprise s’est agrandie, et Nature et Stratégie compte aujourd’hui un laboratoire de recherche et cinq marques, dont Coslys (que l’on retrouve en magasin bio), Lilas Blanc (en institut de beauté) et Pure (en vente à domicile). Depuis, surtout, le nombre de marques de cosmétiques bio et locales s’est multiplié : Sarmance, Guérande Cosmetics, Letika… Chacune d’entre elles met en avant des propriétés bien différentes. Si les produits Guérande Cosmetics utilisent des eaux-mères [les dernières eaux dans les bassins après la récolte du sel, NDLR] saturées en sels minéraux et oligo-éléments, Sarmance valorise les propriétés anti-oxydantes de la vigne et Letika utilise des plantes ayurvédiques. « L’ayurveda, c’est l’utilisation de plantes issues de la nature à l’état sauvage et dénuées de toute pollution, aussi la culture de ces plantes de façon biologique ou biodynamique prend tout son sens et était une évidence pour moi », explique Céline Martin, fondatrice de Letika. Même son de cloche chez Sarmance, dont la gamme est produite à partir d’eau florale des vignes bio de Jérôme Bretaudeau. «Être bio n’est pas forcément un axe de différenciation, c’est plutôt un gage de qualité », résume Sandrine Le Carpentier, responsable marketing et communication chez Guérande Cosmetics.

« Être bio n’est pas forcément un axe de différenciation, c’est plutôt un gage de qualité »

 

  • Samuel Gabory (au centre) sélectionne rigoureusement les matières premières qui entrent dans la composition de ses produits

Une qualité forcément très contrôlée. Chez Nature et Stratégie, les 400 à 500 matières premières utilisées sont systématiquement analysées en arrivant, puis elles sont placées en quarantaine avant d’être de nouveau analysées pour s’assurer qu’elles ne se sont pas modifiées. « Nous appliquons les directives européennes sur les cosmétiques, les mêmes que les produits conventionnels, et nous suivons en plus le cahier des charges Cosmebio, l’association qui regroupe les professionnels de la cosmétique bio et qui facilite l’identification des produits bio. Nous sommes aussi étroitement contrôlés par l’Agence nationale de sécurité des médicaments et des produits de santé, car le bio reste une niche. Sans compter les tests allergènes ou d’irritation : ce n’est pas parce que c’est naturel que c’est inoffensif », détaille Samuel Gabory. Et si cela peut paraître contraignant, c’est nécessaire pour la santé de la filière et celle des consommateurs. « On ne peut pas faire autrement et heureusement ! Si on a créé Sarmance, c’est pour avoir une qualité irréprochable des produits. Bien sûr que réaliser tous les tests a un coût, mais on ne peut pas prendre de risques », souligne Jérôme Bretaudeau.

Les acteurs de la filière se satisfont de la part grandissante du bio dans nos salles de bains. « Quelle bonne nouvelle que nos marques soient de plus en plus nombreuses ! Le bio devrait être un standard de qualité, » revendique Céline Martin. Et le bio innove toujours plus car les éléments naturels de notre région ont encore beaucoup à révéler dans les cosmétiques. « Le bio a pu être perçu comme rétrograde. Moi, je l’ai toujours considéré comme innovant », conclut Samuel Gabory.

Quelques chiffres…

Selon une étude Cosmebio datant de 2016, la croissance des cosmétiques bio est estimée à 7% d’ici 2019 en France et 10% au niveau mondial. Toujours selon la même étude, 62% des achats de cosmétiques bio sont réalisés dans des marques spécialisées. Enfin, elle montre que 31% des Français ont acheté un cosmétique bio durant les douze derniers mois. Pour eux, cela est synonyme de produit de qualité, bon pour leur santé et qui garantit la protection de la planète.

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