Camille COTTIN, NAKACHE et TOLEDANO, voyage intime dans les années 80
À l’occasion de la sortie de leur nouveau film, Éric Toledano et Olivier Nakache retrouvent Camille Cottin pour une plongée sensible et drôle dans les souvenirs d’adolescence. Au micro de Jean-Jacques Lester, sur Ici Loire-Océan, le trio évoque un film personnel, vibrant et profondément humain.

Votre film touche en plein cœur et nous fait rire aussi. Comme chaque fois, ça tombe juste.
Éric Toledano : C’est notre neuvième film à tous les deux. C’est sans doute le plus personnel, le plus intime. On a compilé nos souvenirs d’adolescence. On raconte l’histoire d’une famille en banlieue parisienne à travers les yeux d’un garçon de 13 ans, Vincent. Il y a un grand frère un peu dur avec lui, et des parents ancrés dans les années 80, en pleine crise. C’est le grand spectacle du quotidien.
Camille, vous incarnez la mère de ce petit garçon. Comment la décririez-vous ?
Camille Cottin : Éric et Olivier parlaient d’une maman-papa, une capitaine de bateau. Elle se mêle de tout, elle veut que ses enfants restent enfants tout en cherchant sa propre émancipation. Elle a toutes les contradictions d’une mère : beaucoup d’énergie, mais aussi énormément de douceur. Elle peut s’énerver très vite, mais elle est très attachante.
Dans les années 80, il y a plus d’émancipation pour les femmes, notamment au travail. Mais à la maison, tout repose encore sur elles…
C.C. : C’est elle qui fait le dîner, le ménage, qui range… Et, honnêtement, ça n’a pas tellement changé. Mon mari cherche toujours le lave-vaisselle !
« Écrire un rôle en pensant à un visage. »
Vous avez écrit ce rôle sur mesure pour Camille Cottin.
E.T. : Évidemment, vous pensez bien qu’elle n’atterrit pas par hasard. On l’avait appelée, on lui avait déjà manifesté le désir de tourner ensemble sans avoir de projet attitré.
C.C. : Ils m’ont même dit : « Est-ce qu’on peut écrire en pensant à toi? » C’est joli, non?
E.T. : C’est très beau, c’est très motivant pour nous d’avoir de l’intérêt d’acteurs pour notre travail. Ça nous motive et ça incarne au moment de l’écriture. Donc, c’est très agréable aussi de se projeter avec des visages en tête.
Qu’est-ce que vous avez repéré chez Camille qui vous a tant intéressé ?
Olivier Nakache : Camille Cottin, elle a la double nationalité, selon nous. C’est-à-dire qu’elle est à l’aise dans la comédie, à l’aise dans le drame. Elle a une énergie folle, une énergie qui était assez propre aux actrices du cinéma italien des années 70, comme Monica Vitti. On avait envie de la voir briller au sein de cette famille.

« Les années 80, une bande-son inoubliable. »
Les années 80, vous étiez plutôt funky ou new wave ?
C.C. : J’étais à fond Madonna et Michael Jackson ! Mais aussi Niagara, Elsa, Joe le taxi… Tout ça sur un tourne-disque, bien sûr.
Le tournage vous a replongée dans cette époque ?
C.C. : Oui ! Il y avait les téléphones à fil, les magnétoscopes… Des objets que j’ai connus enfant. C’était très drôle de les manipuler à nouveau.
E.T. : Nous, on l’a vécu. Ça nous a replongés dans des sensations, des odeurs, des couleurs. C’est un film très sensoriel. La salle de cinéma est faite pour ça : on éteint la lumière, et on voyage. Là, c’est un vrai voyage dans le temps.
Et vous deux, comment travaillez-vous ensemble depuis si longtemps ?
E.T. : J’ai l’impression d’être la même personne avec quelqu’un qui s’appelle Olivier derrière moi.
O.N. : C’est notre neuvième film. On est heureux de continuer et de venir le partager avec le public.
Vous êtes ensemble depuis l’enfance.
O.N. : Oui, Éric et moi, on a fait énormément de colonies de vacances en Vendée, notamment dans un petit village à côté de La Roche-sur-Yon qui s’appelle Bournezau. Il y a eu aussi Saint-Jean-de-Monts, La Tranche-sur- Mer. C’est là qu’on s’est rencontrés.
Vous rêviez déjà de cinéma ?
E.T. : Je ne sais pas si on se l’autorisait. Mais, oui, on avait des rêves.
Dans Juste une illusion, Éric Toledano et Olivier Nakache nous font revivre les années 80 à travers le regard de Vincent, bientôt 13 ans. Entre un grand frère distant et des parents en conflit, l’adolescent traverse cette période charnière
où l’on n’est plus tout à fait un enfant, pas encore un adulte. Le film explore avec sensibilité ses doutes sur l’identité, l’amitié, la famille,
la religion et ses premiers élans amoureux, dans une chronique à la fois drôle et émouvante du passage à l’adolescence.



