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Le Roi du Game : Éric Judor entre dans la partie

À l’occasion de la sortie du Roi du Game, Éric Judor et Hafid Benamar sont venus évoquer au micro de Jean-Jacques Lester sur Ici Loire Océan, cette comédie fantastique où un père un peu rigide part à la recherche de sa fille.

Éric Judor et Hafid Benamar

Le titre et le teaser pourraient laisser croire à une parodie du Seigneur des anneaux. C’est le cas ?

Éric Judor : Pas du tout. Le film ne se moque pas du Seigneur des anneaux et ce n’est pas une parodie de fantasy. C’est l’histoire d’un père qui part chercher sa fille, partie participer à un jeu grandeur nature. Il se retrouve alors plongé dans cet univers d’elfes, d’orques et de trolls, avec des gens qui vivent vraiment leur personnage pendant tout un week-end.

Est-ce vrai qu’il y avait un autre titre à la « Le Puits des oufs » en référence, évidemment, au parc vendéen ?

É.J. : Oui, et apparemment De Villiers voulait m’attaquer en procédure parce qu’il y a le Puy du Fou. Je crois qu’il voulait même m’attaquer physiquement, il était venu avec ses frères (rire). Évidemment que c’est faux, mais on a dû changer de titre. Dommage, j’aimais beaucoup « Le Puits des Oufs ».

Le jeu grandeur nature, ou GN, reste un univers méconnu. Qu’est-ce qui vous a frappés ?

Hafid Benamar : On avait nous aussi beaucoup de questions au départ. Pour préparer le film, on est allés sur un GN afin de comprendre comment les participants jouaient, comment ils s’appropriaient les personnages et les règles. On a découvert des passionnés, très investis, qui préparent parfois leurs costumes et leurs accessoires pendant des mois.

É.J. : Ce qui est fascinant, c’est leur capacité à s’évader. Ils suivent un scénario imaginé par un game master, dorment sur place, restent dans leur rôle… C’est un peu comme un festival, du camping et du théâtre réunis. Et c’est très joyeux à observer. C’est mieux qu’un bowling.

Vous avez réussi à saisir cette immersion sur le tournage ?

H.B. : Oui, notamment grâce aux figurants qui pratiquaient réellement le GN. Beaucoup sont venus avec leurs propres costumes et leurs propres armes. Cela donne une vraie densité au film : on ne joue pas à faire semblant que cet univers existe, il existe déjà pour eux.

Certains vivent ces aventures avec une intensité impressionnante…

É.J. : C’est vrai. Quand un personnage meurt dans le jeu, certains peuvent être très touchés. Ils ont construit son histoire, sa légende, parfois sur plusieurs événements. On peut trouver ça surprenant de l’extérieur, mais c’est aussi le signe d’une passion très forte.

Éric Judor, votre personnage est un père inquiet et assez traditionnel. Vous vous reconnaissez en lui ?

É.J. : Oui, sur certains points ce personnage est très proche de moi, j’ai dû être un papa très, très vieille école. Pour moi les études c’était la chose la plus importante, c’était la seule clé pour réussir dans la vie, pour être heureux. Et je pense que c’est une erreur d’autant que le monde a tellement changé, il y a tellement de moyens d’être heureux et de réussir sa vie, tellement de métiers qui n’existaient pas à mon époque — je te parle des années quarante quand même (rire) — où tout était fermé. Donc aujourd’hui voilà, je pense que c’est bien de mettre un peu d’eau dans son vin et d’ouvrir un peu son esprit. Il y a plusieurs moyens de réussir.

Derrière la comédie, le film raconte donc aussi un décalage entre générations. Tout commence avec votre fille qui va se lancer dans ce jeu grandeur nature au lieu d’aller à un entretien.

É.J. : Exactement. On rit, mais il y a un père qui se fait du souci pour sa fille et qui doit apprendre à regarder ses choix autrement. C’est peut-être ça, le cœur du film : accepter que les autres aient leur propre manière de chercher leur place.

Éric Judor, vous incarnez un elfe. C’est comment, d’être un elfe ?

É.J. : C’est un être quasi immortel, déjà c’est sympa ça. Je crois qu’il est très, très dur à blesser. Les elfes ont des oreilles pointues et de beaux cheveux. Ils sont très beaux. Même si le parallèle « j’ai de beaux cheveux, je suis beau », je trouve ça dommage ; c’est un raccourci, car il y a des gens qui n’ont pas eu cette chance de la nature qui ne les a pas dotés d’une belle chevelure et qui restent quand même charmants.

Hafid Benamar, comment avez-vous vécu votre transformation en elfe ?

H.B. : Avec beaucoup de plaisir. C’était la première fois que je jouais un personnage comme celui-là. Entre les oreilles pointues, les longs cheveux et les costumes, on entre progressivement dans la peau du rôle. Et quand on voit autour de soi tous ces figurants, jusqu’à cinq cents pour la plus grosse journée, on a envie de jouer le jeu à fond !

Finalement, quelle leçon retenez-vous de cette plongée dans le GN ?

É.J. : Qu’il ne faut pas sous-estimer les passions des autres. Elles peuvent sembler étranges quand on les regarde de loin, mais elles offrent une vraie liberté. S’inventer un personnage, vivre une aventure collective, sortir du quotidien : c’est peut-être une très belle manière de respirer..

Le Roi du Game

Le Roi du Game sort en salles le mercredi 21 octobre.

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