Habitat,  Visite privée

Une parenthèse inatendue au coeur de Nantes

De la rue au patio, du bitume à un écrin de verdure, cette maison nantaise de 250 m2 joue les contrastes. Un coup de cœur immédiat pour Michel et Régine qui ont su, avec l’aide de l’architecte d’intérieur François Tardif, révéler tout le potentiel de ce lieu hors norme et en faire un cocon chaleureux, pensé pour rassembler.

Il y a des maisons qui ne se livrent pas au premier regard.

« La première fois, quand nous nous sommes garés devant, on s’est dit : il doit y avoir une erreur… », se souvient Michel.

La façade bien défraîchie donne directement sur le trottoir, dans une rue du quartier Procé, à Nantes. Rien ne laisse présager ce qui se cache derrière la porte.

Pour ce couple habitué aux grands espaces – un hectare de terrain sur les bords de l’Erdre – le contraste est saisissant. Ici, tout est plus urbain, plus frontal. Et pourtant…

« Dès qu’on est entré, tout a changé », se souvient Régine.

Face à eux, après les quelques marches montées pour accéder à l’entrée, une baie vitrée s’ouvre sur un immense patio végétalisé. La lumière traverse les espaces en enfilade, révélant une architecture en forme de B, comme un écrin tourné vers l’intérieur.

« Je me suis dit : on est au bon endroit », se souvient la propriétaire.

L’histoire est simple, presque instinctive. Alors qu’ils viennent tout juste de vendre leur maison, Régine repère une annonce. Une seule visite. Pas d’hésitation. « On n’en a pas vu d’autres. » La maison, pourtant, n’est pas immédiatement à leur image. Datée, cloisonnée, peu chaleureuse. Mais pour eux, c’est une évidence : le potentiel est là.

« On aime les travaux, reconnaît Michel. On avait envie de s’approprier un lieu, de le transformer avec notre esprit. »

Une maison à réinventer

Pour orchestrer la transformation, ils font appel à François Tardif, de TF Création. Architecte d’intérieur et maître d’œuvre, il apporte une double compétence précieuse :

« J’ai été artisan. Je sais comment les choses se construisent, techniquement. »

Le projet ? Sublimer sans dénaturer. Moderniser sans alourdir.

La maison était restée dans son jus, avec ses bibliothèques omniprésentes, ses matériaux d’époque, une atmosphère un peu froide. Ici, pas de gros œuvre spectaculaire à réaliser, la structure est là, mais un travail en profondeur sur les ambiances, les matières et le confort.

Isolation renforcée – jusqu’à 40 cm en plafond –, remplacement des menuiseries, installation d’une pompe à chaleur et de panneaux solaires… La maison gagne en performance énergétique autant qu’en qualité de vie.

« Ce qui ne se voit pas, mais qui se ressent immédiatement », résume François Tardif. Classée E à l’origine, elle arbore aujourd’hui fièrement un A.

Le patio comme cœur battant

Véritable colonne vertébrale du projet, le patio structure toute la maison. Avec son bassin à carpes, ses briques posées sur chant et ses jeux de transparence, il devient un espace de respiration, presque méditatif.

« On a voulu créer un esprit zen, chaleureux, avec la nature comme fil conducteur », sourit aujourd’hui Régine.

Les grandes baies vitrées s’effacent pour ouvrir totalement les espaces sur l’extérieur les beaux jours venus. Dedans, dehors… la frontière disparaît. La maison donne cette sensation enveloppante d’être chez soi partout, comme dans un cocon, d’autant que – en pleine ville – le vis-à- vis est inexistant.

Des espaces qui rapprochent

L’une des surprises de cette rénovation tient à l’usage des volumes. Alors que chacun des habitants dispose d’espaces distincts – les enfants ont deux suites à l’étage de la partie la plus ancienne de la maison, les parents occupent une aile sur le jardin et Régine profite d’un espace de travail pour recevoir ses clients – la famille se retrouve davantage que dans son ancienne maison au dessin plus classique et aux espaces plus rassemblés.

« C’est étonnant, mais on vit plus ensemble ici », assurent les parents.

Le séjour, vaste de près de 75 m2, se structure autour de deux ambiances : un salon d’hiver, chaleureux, presque intimiste, avec un espace intégré au sol face à la cheminée noire, et une ouverture vers l’extérieur pour les beaux jours.

Le bois, trop présent à l’origine, est désormais équilibré par des touches de noir et des matériaux plus épurés. Un bandeau LED souligne les volumes, tandis qu’un plafond acoustique améliore le confort sonore.Entièrement repensée, la cuisine a été décloisonnée pour s’intégrer pleinement à la pièce de vie.

Fini les petits espaces fragmentés : place à une circulation fluide. Le choix d’un béton ciré clair unifie les sols et apporte luminosité et modernité. Côté aménagement, le parti pris est malin : réutiliser l’existant en le transformant.

« On a retravaillé les colonnes, changé les façades, adapté les meubles », détaille François Tardif qui travaille de longue date avec Darty ce qui lui permet de combiner esthétique, fonctionnalité et budget maîtrisé à ses clients.

« Nous pensions que le budget alloué à la cuisine serait plus important. Ça nous a permis d’aller plus loin sur d’autres éléments », reconnaît Michel.

Une maison qui rassemble

Au fil des mois, la maison prend vie. Les travaux démarrent dès la signature, en décembre. En mars, Michel et Régine emménagent, même si les finitions se poursuivent encore. Et puis, presque naturellement, quelque chose se produit. Leurs enfants, partis pour leurs études, reviennent plus souvent. La maison devient un point de ralliement.

« C’est comme si elle nous avait réunis. »

Une maison en forme de B. Comme Bonheur.

TARDIF François

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