Cuisine

Un geste pour la planète

J'achète en vrac

 

Riz, céréales du petit-déjeuner, farine, sucre… Toute l’épicerie sèche peut aujourd’hui (de nouveau) s’acheter en vrac. Un retour au temps où l’on pouvait se procurer ce dont on a besoin au gramme près, et aussi – surtout – un retour à la raison. On vous dit pourquoi.

 

L’autre jour, je me suis encore plantée. J’ai acheté ma boîte de semoule de couscous au supermarché, et quand j’ai ouvert l’emballage, je me suis rendu compte que les petites graines étaient soigneusement réparties dans quatre sachets plastique prêts à cuire. Je ne suis pas tout à fait sûre que cuisiner avec du plastique plongé dans l’eau bouillante soit la meilleure idée santé, mais en revanche, je suis certaine qu’au niveau du goût et du résultat final, ce n’est absolument pas la bonne méthode. Après en avoir mis rigoureusement partout en ouvrant péniblement le sachet, j’ai amèrement regretté de ne pas avoir fait comme d’habitude, et de l’avoir acheté en vrac dans l’épicerie de Couëron. D’autant qu’au niveau des emballages, entre la boîte en carton et les sachets plastique, on commence à friser le ridicule. « Vous savez que les emballages représentent un tiers des déchets que nous jetons dans nos poubelles ? », m’interroge Anaïs, qui a créé l’épicerie le P’tit Poids il y a un an, alors que je lui rapporte l’aventure. « On jette, en moyenne, en France, 350 kg de déchets par an et par habitant. Si on achète en vrac, on retire 120 kg de nos poubelles. C’est énorme », assure-t-elle.

 

20 ou 30% moins cher

L’épicière est convaincue et convaincante. « L’anomalie, ce n’est pas d’acheter au poids comme on le faisait il y a cinquante ans. C’est plutôt que, depuis cinquante ans, nous consommons aussi bien des emballages que des produits. Il y a un moment où ça a dérapé ». Les responsables de ce déraillement collectif, on peut les appeler marketing, merchandising et course contre la montre. Plus le temps de passer d’un petit commerce à l’autre. « Pourtant, ce n’est pas compliqué de changer ses habitudes, d’aller dans différents magasins. Je ne crois pas que l’on gagne du temps quand il faut se décider entre soixante-dix marques de beurre ». La question du gain de temps reste posée, celle du gain d’argent, elle ne se pose pas. « À qualité égale, on paye moins cher en vrac, assure l’épicière. Nous sommes 20 à 30% moins cher que l’emballé. On retire les intermédiaires, puisqu’on se fournit le plus souvent directement chez le producteur, sans emballage ». Même le bilan carbone est donc bien meilleur : le produit n’est pas trimballé sur des centaines de kilomètres pour être conditionné, placé en centrale d’achat et acheminé au magasin.

 

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