Portrait

La Loire à cheval

12 jours hors des sentiers battus


Descendre la Loire, de Tours à Pornic, en douze jours. C’est le pari pas si fou remporté par Justine Vaudour et sa jument cet été. Avec ses cartes et sa boussole, elle a ouvert une nouvelle voie. Tout près de l’eau.

« Je voulais voir autre chose avec elle ». Justine Vaudour s’affaire autour de L’Arkia, sa jument, après plus d’une semaine de voyage. Cela fait douze ans que le couple s’est formé. Elles ont partagé compétitions et randonnées. Cette aventure, c’est l’occasion de vivre quelque chose de nouveau, à un moment où Justine termine ses études en communication à Nantes, et où sa jument n’est pas encore tout à fait à la retraite. Après plusieurs jours à parcourir les petits chemins, la jeune femme de 25 ans a le sourire. « Perchée en haut de mon cheval, la vue change totalement, raconte-t-elle. Et puis, ça permet de longer vraiment les bords de Loire et d’accéder à des sentiers qu’on ne peut pas utiliser avec un véhicule. Les vélos ne voient pas d’aussi haut que moi. C’est vrai que pour les photos, et tout simplement la vue, c’est fantastique ».

Mais cette aventure est aussi une aventure humaine. Les cavaliers qu’elle rencontre sont loin d’être indifférents. « Quand ils me voient passer avec tout mon attirail, ils me demandent ce que je fais là. Je leur explique, et la réponse est toujours la même : « J’aurais trop envie de faire ça ! », sourit-elle. Ils me disent qu’ils en rêvent au fond d’eux, mais qu’ils n’ont pas le courage de le faire. Je pense qu’on attend beaucoup de moi en termes de retour. Les gens veulent partager mon expérience sur les tracés de cartes, les points où s’arrêter. Il y a beaucoup de demande. C’est en tout cas ce que je constate sur les réseaux sociaux. Il y en a même qui viennent me voir au gîte, au camping. Ils veulent partager avec moi de vive voix le projet ».

Mais les campings, le couple cavalière-jument est loin de s’y arrêter tous les soirs. Les propositions d’accueil et d’hébergement ont afflué grâce aux réseaux sociaux. C’est le cas de Madeline, qui a ouvert sa maison – et son jardin – de La Varenne à Justine et L’Arkia. « Je trouve ça beau de partager ça avec sa jument. Elle a le temps de se retrouver elle-même et de réfléchir à la continuité de son projet. Tout le monde n’est pas capable de faire ça. Elle a du cran et je trouve ça beau, affirme-t-elle. Je suis contente que mes enfants aient pu les rencontrer. On peut ainsi leur faire comprendre qu’on peut avoir des rêves, qu’on peut sortir de la maison et se promener au bord de Loire en vélo ou à cheval. Il faut oser. »

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