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Interview

Thomas Coville

Audacieux et ambitieux

Après dix-huit mois de gestation, le nouveau trimaran géant de Thomas Coville est sorti des chantiers Multiplast, à Vannes. Toujours plus vite, plus loin. L’aventure sur les mers du globe continue pour le skipper. Version XXL.

Thomas Coville nous l’avait confié, lorsqu’il avait battu le record du tour de monde en solitaire en moins de cinquante jours. Sans cette réussite, son nouveau bateau n’aurait pas été le même. Le 18 mars dernier, il a mis à l’eau Sodebo Ultim 3 dans le port de Vannes. Un bateau qu’il présente comme une nouvelle philosophie, une philosophie « qui fait 32 mètres de long, 23 mètres de large et 34 mètre de haut« .

MISE A L’EAU SODEBO ULTIM 3 DU NAVIGATEUR THOMAS COVILLE ET CONVOYAGE VERS LA TRINITE SUR MER. VANNES, FRANCE, LE 18 MARS 2019.

« La mise à l’eau est un moment fort et symbolique dans la vie d’un bateau. Jusqu’à maintenant c’était une idée, un concept, on va enfin introduire les éléments extérieurs, la vraie vie, le vent, l’eau, la nature, naviguer, voler, lance-t-il. De la technique on passe au vivant. Avec ce bateau atypique, je suis assez enthousiaste et impatient de me voir réagir à d’autres sensations dont ma manière de barrer le bateau. La beauté du geste c’est d’avoir accepté de ne pas tout savoir.  » 

Sodébo Ultim 3 est le dernier né de la classe des géants qui s’affrontent sur toutes les mers du globe. Un concept qui voit le cockpit de manoeuvre avancé de 7 m pour être placés devant le mat. Du jamais vu. Une rupture qui est le fruit des cogitations du cabinet d’architecture navale bañulsdesign. Cette équipe a conduit un raisonnement apparemment simple : il faut partir de la voilure. Comment améliorer le rendement de ce « moteur » tout en optimisant son interaction avec les coques ? Descendre la grand-voile au ras du pont -ce qui impose d’avancer la nacelle de commande en avant du mât- permet en théorie d’entrer dans un extraordinaire cercle vertueux : centrage des poids, amélioration du rendement de la voilure par l’augmentation de la rigidité de la plateforme, amélioration de l’aérodynamique, abaissement du centre de gravité etc. D’une logique à priori imparable, cette formule a vite séduit Thomas et les dirigeants de Sodebo. « Je savais déjà que pour être compétitif, il me faudrait un nouveau support, souligne le navigateur de Locmariaquer. J’aime cette veille technologique qui m’impose une ouverture et une curiosité tous azimuts et sans barrières. Penser autrement, c’est aussi expérimenter ce qui se fait ailleurs comme en aéronautique ou dans l’automobile. Ce projet a rapproché plusieurs mondes : l’aéronautique, la voiture, la moto. On a l’impression d’être pionnier et de passer un cap mais nous sommes simplement allés chercher cette réflexion qui existe dans d’autres milieux ». Première épreuve, une course en double, la Brest Atalnatiques, qui partira de Brest au début du mois de novembre.

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