Renaissance

Au coeur d'un lotissement

Visite privée

Une maison du début des années 80 et une envie de renouveau. C’est un véritable défi. Stéphanie Durand, architecte à Nantes, l’a relevé avec gourmandise. Un exemple qui donne des idées. 

 

 

 

Un rectangle, un toit en double pente en ardoise. On ne peut pas faire plus simple. La maison, située dans un joli lotissement entre Carquefou et Nantes, était vouée à conserver ces formes sur lesquelles on ne se retourne pas. C’était sans compter sur l’envie de Guillaume et de Gaëlle. Une envie d’autre chose, de vivre autrement. Quand Gaëlle a rejoint Guillaume dans cette maison, il avait commencé à faire quelques travaux. Il avait ouvert les volumes, refait l’escalier, les salles de bains. Et il s’était arrêté là. Ils veulent agrandir, redonner du souffle à cet intérieur. Ils font appel à Stéphanie Durand. « C’était la maison des années 80, la maison de lotissement.

La question que je me suis posée, c’était : « Comment je fais, moi, pour intervenir sur une maison comme ça, qui, de toute façon, dans dix ou quinze ans, aura pris un coup de vieux ? ». » Cette notion de temporalité est importante. La réponse trouvée par l’architecte a été d’ajouter un habillage sur l’extérieur. Une seconde peau en zinc. « Ce plissé met en valeur la volumétrie très simple de la maison et la révèle, explique-t-elle. En même temps, il permet d’y ajouter l’extension et de trouver une cohérence. » Il autorise également l’intégration d’une isolation par l’extérieur, et répond à un questionnement actuel sur les économies d’énergie.

Dans le salon, les toiles d’artistes locaux prennent toute leur place. La table basse, deux palettes empilées et dotées de roues, a été réalisée par le père de Guillaume.

Les travaux durent quatre mois, de février à juin. « C’était une nouvelle maison. Ça été notre impression et celle de nos amis, assure Guillaume. En arrivant, on a une vraie profondeur grâce à l’extension et les petites fenêtres en bois marron. On est ailleurs », sourit-il.

Dans l’extension au plafond cathédrale, une immense baie vitrée s’ouvre désormais largement sur le jardin. Elle permet à la maison d’accéder à la chaleur de l’exposition sud qu’elle n’avait jamais connue. La terrasse a été surélevée pour pouvoir y accéder de plain-pied, au lieu de descendre trois marches comme à l’origine. Aux beaux jours, elle devient une extension naturelle des pièces de vie.

La bibliothèque est venue remplacer un vieux meuble breton aux lourdes sculptures. Les tons bleus profonds de cette pièce apportent de l’intimité. 

Devant l’extension, un coin lecture bibliothèque, dessiné par Stéphanie Durand, joue le contraste avec la lumière du nouveau salon. La couleur vive, tranchée, lui donne du caractère. « Il y a une couleur vive dans chaque chambre sur le même modèle, souligne l’architecte. C’est intéressant. On n’hésite pas. La couleur marque les choses. »

Dans la salle à manger et la cuisine ouverte, la cheminée, élément central de l’ancienne maison, a été conservée. Cette forme peu courante et finalement intemporelle est un élément de poids dans la définition de l’identité de cette maison. Le sol a été unifié par un béton ciré. Dans le choix de ce revêtement, il y a à la fois une unité et une modernité qui ne choquent pas. Les nouveaux volumes et la blancheur des murs font beaucoup pour créer cette harmonie. Accrochés aux murs, les tableaux sont presque exclusivement réalisés par des créateurs nantais. C’est la passion partagée par ce couple. La maison sert d’ailleurs d’écrin chaque année, le temps d’un week-end de novembre, aux artistes qui viennent y exposer. La maison est alors ouverte à tous. C’est encore une fois, une très bonne idée.

 

Architecte

Stéphanie Durand

06 81 34 29 59

Retrouvez le travail de Stéphanie Durand sur son site 

Accueil > Déco > Renaissance