Raphaël Griffon

aux sources des pierres

Portrait

« La pierre ne serait rien sans l’homme. S’il n’y avait personne pour la découvrir, aller la chercher dans les entrailles de la terre, s’il n’y avait personne pour la tailler, on ne l’apercevrait pas. Dans l’histoire d’une pierre, l’homme est au centre de tout ». Raphaël Griffon est un passionné. Le joailler nantais aurait pu se contenter de choisir ses pierres sur catalogue, et rester vissé sur son tabouret, à côté du chalumeau perpétuellement allumé. Mais il a choisi l’aventure : remonter la piste qui mène jusqu’aux mines et aux gisements. Pas vraiment pour mieux connaître les pierres, mais plutôt pour mieux connaître ceux qui les extraient. Il part des semaines au bout du monde, et de ces voyages, il ramène des images. Le quatrième opus de ces documentaires est en cours de montage, il va s’appeler « Le Trésor du Tsavo ». Cette fois, il s’est rendu au fin fond du Kenya, dans le Tsavo, l’un des grands parcs nationaux du pays, pour aller à la rencontre d’une pierre rarissime : le grenat tsavorite, une gemme peut-être supérieure à l’émeraude. « C’est vrai que cette pierre m’intéresse, elle est incroyable, mais ce qui m’intéresse davantage encore, c’est d’aller vivre avec les mineurs. On mange avec eux, on descend avec eux. Ces voyages posent question. Je me demande si je serais capable de faire ce qu’ils font pour nourrir ma famille. Ces voyages permettent aussi d’avoir un autre regard sur les choses : dans cette mine, il n’y a pas eu un accident en quarante ans et les mineurs ont un salaire fixe ». Surtout, de retour à Nantes, le joailler est nanti d’une connaissance intime de la matière qu’il travaille. « Je n’aurais jamais le temps de faire le tour de toutes les mines du monde, mais lorsque je présente une pierre à un client, je sais de quoi je parle. Quand je suis enfermé dans mon atelier, la matière me fait voyager, je sais d’où ça vient, comment vivent les gens qui l’extraient. Ça donne une valeur supérieure à mon travail, et ça me permet aussi de raconter une histoire à ceux qui poussent ma porte ». Le bureau de Raphaël Griffon, avec son hélice d’avion et son mobilier qu’on jurerait tiré de la brousse, donne le ton. On vient chercher ici un bout d’aventure en même temps qu’un bijou. Une aventure où l’on doit s’impliquer. « L’idée n’est pas d’entrer dans la boutique et de repartir immédiatement après avec un bijou. On discute, on fait des croquis, il y a des étapes où le client est invité à participer. C’est très important pour nous : ça nous pousse à faire des choses que l’on n’a parfois jamais faites. Une fois le bijou fini, le client a l’impression qu’il a lui-même fabriqué la bague ».

Bijouterie Griffon

2 rue de l’Abreuvoir, Nantes – 02 85 52 38 63

www.bijouteriegriffon.com

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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