Mode

Au secours !

Ma fille se marie et je n'ai rien à me mettre

« Comment dois-je m’habiller pour le mariage de mon fils (ou de ma fille) ? ». Cette question, les mamans vont se la poser tout au long de jours sans fin et de nuits enfiévrées. Bon, on exagère peut-être un peu. Mais ce n’est pas simple. C’est pour cela que nous avons tenté de décrypter l’élaboration d’une tenue avec Gilles Vivier, un couturier qui s’est spécialisé dans la mise en beauté de ces dames.

« Il y a toute une génération de femmes qui se sont fait dicter leur loi par leurs mères, au moment de leur mariage. Elles n’ont pas vraiment eu leur mot à dire sur leur robe lorsqu’elles se sont mariées. Elles se sont souvent retrouvées avec une robe imposée, qui ne leur plaisait pas du tout. Du coup, pour le mariage de leurs propres enfants, elles se lâchent ». Se lâcher, ça veut dire, bien souvent, oser la couleur. « J’ai fait des verts quasi-fluo, du vert anis très poussé ou des rouges très marqués, note Gilles Vivier. Les couleurs que j’utilise parfois sont presque des couleurs primitives ». En partant sur ces bases tranchées, pas question de se tromper.

« Elles repartent avec quelque chose de plus simple que la tenue ultra sophistiquée qu’elles imaginaient »

C’est là que le talent du couturier intervient. « Il y a besoin, à ce moment-là, d’un vrai conseil en image et de conseils tout court, pointe-t-il. Souvent, mes clientes viennent avec des idées préconçues. Ce peut-être, par exemple, quelque chose de très glamour, mais elles n’ont pas forcément ou la dynamique, ou la morphologie qui convient. D’autre part, il ne faut oublier que l’on va porter la tenue dix ou douze heures d’affilée. Tout ce temps-là avec un corset, ça peut être inconfortable ». Ne pas oublier le confort, c’est une notion fondamentale à faire passer. Cette discussion autour de la tenue se fait au fil de l’eau. « J’observe la cliente au cours de l’entretien, je fais des propositions. Parfois, note Gilles Vivier, elles repartent avec quelque chose de plus simple que la tenue ultra sophistiquée qu’elles imaginaient, mais elles sont toujours ravies ». Ravies surtout d’avoir une tenue unique, qui parle d’elles. « Souvent, ces mamans et futures belles-mères ont tout simplement envie de se faire plaisir, et de faire plaisir à leur époux aussi. Sauf si un thème ultra-précis est imposé dans le mariage, ce que nous allons réaliser ensemble est une tenue plaisir, qu’elles seront fières de porter ».

Quelques conseils   

 

« Quand on choisit un tissu mat, c’est bien d’avoir un peu de brillant dans les accessoires. Cela permet d’avoir le visage un peu plus éclairé sur les photos. »

 

« On fait un peu moins de chapeaux. Je travaille avec une modiste parisienne, qui crée des serre-tête qui remplacent les chapeaux. Cela donne un « chapeau bijou » d’une discrétion absolue, qui habille la tête et finit la toilette. »

 

« Il n’y a pas de code pour ces tenues, mais il ne faut pas non plus oublier la tendance. Ce sera une jupe courte ou mi-longue, un pantalon années trente… L’année prochaine, on sera, par exemple, sur un mélange de matières avec un pull grosse maille en coton et une jupe en tissu de soie. »

 

« Les corsets ont quasiment disparu. On est davantage sur une superposition de tee-shirts en jersey de soie et dentelle. Des petits hauts couture que l’on va ensuite pouvoir réutiliser avec un jean. »

 

 

 

Gilles Vivier – Couturier Créateur

8 place Julien et Gabriel Alix, La Membrolle-sur-Longuenée

www.gillesvivier.fr

Chic et discret

De l’art d’être père des mariés

 

 « Cet été, les pères se sont faits plus discrets, remarque Gilles Vivier. Ils ont adopté un style assez traditionnel ». Côté couleur, pas d’emballement. L’homme se doit de porter du gris, du noir ou – coup de folie – du bleu. « Le costume sera, de toute façon, chic et classe, choisi le plus souvent grâce à l’œil avisé de madame, explique le couturier. Il peut comporter un rappel de la couleur de la tenue de sa cavalière ». On ne va pas se mentir, les papas servent de faire-valoir et savent ouvrir les huîtres, mais cette dernière qualité n’a pas sa place ici. « De toute façon, le monsieur ne va pas porter un kilt, assure Gilles Vivier. Je dis ça, mais j’en ai fait il y a longtemps, se ravise-t-il. C’était une tenue avec une jupe et une chemise au col hindou. Je n’en ai jamais refait depuis, c’est dommage… Mais après, il faut assumer », sourit-il.

 

 

Les autres invités, ils s’habillent comment ?

Déjà, la tenue totalement blanche est à proscrire. Ou alors il faut se poser des questions. Sinon, pas de code à respecter. « Tout est permis, assure Gilles Vivier. Ce serait triste de s’interdire des choses lorsque l’on est invité à un mariage. C’est la fête, rappelle-t-il, il n’y a pas vraiment de barrières ». Pourtant, la tenue de beaucoup d’invités se résume en deux mots : sobre et chic. « En général, c’est très très sage, constate Gilles Vivier. Même les témoins n’osent pas trop sortir de ce cadre sobre et chic. Cette règle est valable pour beaucoup de mariages, sauf pour les mariages à thème. Il faut alors accepter de rentrer complètement dans l’univers des mariés. À ce moment-là, les gens se lâchent ».

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