Les sacs Longchamp

naissent à  Segré

Dossier

Le coeur de Longchamp bat à  une centaine de kilomètres de Nantes, à  Segré dans le Maine-et-Loire. C’est là , dans une usine qui a su se transformer au fil du temps, que passent toutes les matières premières du maroquinier et qu’est réceptionnée et contrôlée toute sa production mondiale. Le coeur battant à  toute vitesse, nous avons poussé les portes du berceau industriel de la célèbre marque de luxe.

Il est bien loin le petit bureau de tabac du boulevard Poissonnière à  Paris où tout a débuté. Dans les années 30, Jean Cassegrain a l’idée de gainer des pipes pour en faire des objets de luxe. L’accessoire séduit, d’Elvis Presley à  Staline. C’est ainsi que la famille, toujours à  la tête de Longchamp, commence à  travailler le cuir. C’est ainsi aussi, devant une modeste vitrine rassemblant quelques pièces de collection, que commence la visite de l’usine de Segré.

Mais dès la porte sécurisée franchie, on change de monde et de siècle. « C’est l’atelier méthodes et modèles, l’atelier des prototypes. Vous comprendrez qu’on ne peut pas prendre de photos, sourit David Burgel, le directeur industriel de la marque. C’est ici que l’on va pouvoir dire à  nos designers si leurs dessins sont un rêve de style ou si on va pouvoir les mettre en production dans les ateliers. Tous les dossiers techniques viennent d’ici. Ensuite, le mode opératoire est le même à  Segré ou à  côté de Shangaà¯. »

Partout, des dessins techniques, des ordinateurs, des femmes, des hommes et des machines. On repousse ici les limites du possible, on prépare les collections à  venir. Les modèles distribués sur toute la planète sont passés sous les fourches Caudines de cette pièce de quelques dizaines de mètres carrés. « Longchamp, c’est une maîtrise totale de savoir-faire qui est centralisée ici à  Segré, explique David Burgel. Les méthodes que nous mettons en place sont ensuite diffusées dans nos six sites de production en France et chez nos sous-traitants. Le secret de notre réussite, c’est de transposer notre savoir-faire de façon parfaite pour qu’un sac soit réalisé exactement de la même façon en Chine ou à  Segré. Nous n’avons aucune honte à  fabriquer à  l’étranger parce que nous avons cette garantie de qualité. »

Le souci de la transmission du savoir-faire

Longchamp est d’autant plus certain de la qualité finale du produit que toutes les matières premières, à  commencer par les peaux, passent par Segré pour y être contrôlées avant d’être envoyées là  où elles doivent être travaillées. L’entreprise a des sous-traitant au Maroc, en Chine ou en Roumanie. « C’est tout à  fait nécessaire, estime le directeur industriel, nous avançons très vite sur le marché depuis une dizaine d’années en essayant de garder la tête froide. Entre 2010 et 2012, notre chiffre d’affaires a augmenté de 75%. »

Dans les ateliers, l’ambiance est à  la concentration studieuse qui règne dans les entreprises en pleine santé. Une ambiance résolument féminine. Et de plus en plus jeune. C’est peut-être l’un des plus beaux accomplissements de Longchamp depuis 5 ans : avoir réussi à  conserver le savoir-faire de son personnel en formant en interne de nouvelles ouvrières. « Notre atelier école a formé 140 personnes sur les trois dernières années. Cela a permis d’inverser la courbe des départs et de remettre du monde dans nos ateliers en ramenant du sang neuf. Aujourd’hui, on ne peut plus compter sur les anciens de la chaussure pour remplir l’usine comme il y a 15 ans, » pointe David Burgel.

Il ne suffit pas de savoir allumer une machine à  coudre pour commencer à  travailler. Loin de là . La formation initiale dure un an et il faut encore quatre ans avant que la nouvelle salariée entre parfaitement dans le rythme de production. C’est donc un investissement obligatoire sur cinq ans. Mais le résultat est là . « Nous avons eu beaucoup de formation au niveau de la communication pour apprendre comment transmettre notre savoir-faire, sourit Nelly, chef d’atelier, entrée chez Longchamp à  16 ans, il y a maintenant 39 ans. Il leur faut un an et demi pour être efficace au niveau de la qualité. On leur donne du temps. » « Ca a été une vraie découverte pour moi, » s’exclame Véronique. Elle a intégré l’école de Segré en octobre 2011. Un monde bien loin de celui du pressing où elle a débuté. « Je suis fière de mon travail. Le cuir est une matière noble et agréable. Ici, on apprend tous les jours et on ne s’ennuie jamais. C’est enrichissant de voir par où on commence, les pièces que l’on nous donne au départ et le résultat final, » sourit-elle avant de se remettre à  assembler un joli portefeuille.

Artisanat et industrie

Le temps est ici le maître mot. Il faut jusqu’à  5 heures pour assembler le dernier né des sacs à  main de la marque. Rien que le fait de teindre les tranches du cuir prend une heure pour chaque sac. « C’est la quintessence de notre savoir-faire, s’enthousiasme David Burgel. Nous sommes fiers d’être arrivés à  faire ce sac qui comprend à  lui seul 230 opérations. Cela prouve que nous sommes capables de faire du véritable artisanat au sein d’un processus industriel. »

C’est vrai que l’industrie, on l’oublie un peu dans la bourdonnante activité des ateliers. Mais la réalité – et le gigantisme  – d’une marque mondialement connue nous rattrape lorsque l’on pousse la porte des entrepôts. La production du monde entier arrive ici pour être contrôlée et réexpédiée. Le bâtiment fait 37 000m2. Partout, on s’agite pour préparer les commandes qui doivent partir avant la période des fêtes. Des cartons, des caisses, des étagères s’empilent, s’entassent à  perte de vue dans un ordre parfait. Chaque centimètre carré est occupé par un produit Longchamp. Sac, portefeuille, ceinture ou textile sont sur les rails pour partir vers l’Europe, le Moyen Orient, l’Afrique, l’Asie ou l’Amérique. Impressionnant. Etourdissant. Et à  83km de Nantes.

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