Actu ciné,  Culture

Jérémy Ferrari : « À Nantes, on se sent aimé. »

À l’occasion de l’avant-première de son film Les K d’or, présenté à Nantes, Jérémy Ferrari est venu défendre une comédie d’aventure aussi déjantée que touchante. Entre attachement à la ville, trio explosif et chien à trois pattes adopté pour la vie, l’humoriste devenu réalisateur se confie à Jean- Jacques Lester sur Ici Loire-Océan.

 

Vous commencez votre promo en passant par Nantes. La ville vous réussit toujours autant ?

Jérémy Ferrari : Nantes, c’est simple, c’est peut-être la ville où je vends le plus de billets en tournée. On fait un Zénith, deux Zénith… On pourrait en faire cinq ! Quand on vient ici, on se sent aimé. Pour un humoriste, c’est précieux.

Vous connaissez bien la ville…

Oui, notamment la Compagnie du Café-Théâtre. Et puis Julia Moreau, qui travaille avec moi chez Dark Smile, est Nantaise. On a même une Nantaise à la maison !

Alors, ces K d’or, c’est quoi l’histoire ?

Accrochez-vous ! Je voulais partir d’une idée folle, mais avec un fond réel. On sait que l’argent de Kadhafi est toujours recherché par des chasseurs de trésors. On a imaginé qu’un enfant, présenté un jour comme son fils caché, grandissait avec cette histoire. À la mort de Kadhafi, il part à la recherche de cet héritage. Pour y parvenir, il s’entoure d’un trio improbable : une fichée S sortie d’un centre de déradicalisation (Laura Felpin), un malvoyant réactionnaire totalement barré (Éric Judor)… et un chien à trois pattes. Le tout en plein Marathon des Sables. C’est une comédie d’aventure complètement dingue.

Visiblement, vous aimez les trios ?

Le trio, c’est redoutable en comédie. Ça crée une triangulaire : deux s’engueulent sous les yeux du troisième, qui prend parti… ou pas. C’est une mécanique très efficace. Quand les deux « zinzins » commencent à dialoguer sous le regard de mon personnage, c’est jubilatoire.

Parlons de Bobby, ce fameux chien à trois pattes… Était-ce vraiment nécessaire ?

Oui ! Je voulais que tous les personnages soient un peu cabossés. Ils sont seuls, fragiles, un peu perdus. Le chien devait l’être aussi. On a cherché partout un chien à trois pattes. On a fini par trouver Bobby, dans un refuge. Il avait eu un accident au Maroc, où nous tournions. On l’a adopté pour le film — et pour la vie. Son éducateur l’a gardé. Aujourd’hui, il a une famille. C’est une vraie belle histoire.

Vous sentez-vous proche de Noé, votre personnage ?

Oui, un peu. Il a un problème de contrôle… moi aussi (rires). Et il aime s’entourer de personnalités hors norme. Je suis pareil. Les gens « fous » m’apaisent. La folie de mes partenaires rassure mon personnage, dont la vie est lourde, compliquée.

Votre humour est parfois cash. Les parents peuvent-ils venir avec leurs ados ?

On a fait des projections test, et surprise : les ados adorent ! Moi qui ai longtemps demandé aux parents de ne pas amener leurs enfants à mes spectacles, là je leur dis : venez voir le film ensemble. Ils rient énormément.

Vous avez vraiment tourné pendant le Marathon des Sables ?

Oui, le vrai. Coup de chance incroyable : la course se déroulait exactement dans la zone où nous tournions. On a envoyé le scénario au directeur, qui a adoré. Il nous a dit : « Faites ce que vous voulez. » Les coureurs que l’on voit sont les vrais participants. Le départ que l’on filme, c’est le vrai départ.

Des gens qui préparent cette course pendant des années ont accepté qu’on vienne faire les fous sur leur ligne de départ. C’est surréaliste — et ça donne une intensité incroyable au film.

En salle depuis le 11 mars 2026

 

Laisser un commentaire