Rencontre

Javier Bardem

Pour l'amour du cinéma

Javier Bardem, le géant du cinéma espagnol, est l’invité d’honneur de la 29ème édition du Festival du Cinéma Espagnol de Nantes, du 1er au 3 avril. Il vient animer une MasterClass, mardi 2 avril à 18h à l’Opéra Graslin, et présenter 6 de ses films au public nantais. Nous l’avons rencontré ce lundi matin.

50 ans, un peu jeune pour un hommage, l’acteur le reconnaît lui-même, mais c’est avec plaisir qu’il a accepté l’invitation du Festival nantais. Pour cette occasion, on lui a demandé de sélectionner 10 films au sein de sa filmographie. “Ça n’a pas été facile pour moi de me décider, car beaucoup de films y avaient leurs places”, nous dit-il. Finalement, il a choisi de partager avec les festivaliers les films les plus reconnus par le public. On retrouve à l’affiche : Before Night Falls (2000), Los Lunes al sol (2002), Mar adentro (2004) ou encore Everybody Knows (2018), son dernier film en date.

Tantôt dans des rôles diaboliques (Loving Pablo), tantôt dans des rôles de grand séducteur (Vicky Cristina Barcelona), grâce à sa sélection, Javier Bardem nous fait redécouvrir sa capacité à se métamorphoser.

C’est le rêve de chaque acteur : réussir à se transformer pour un rôle. Ça reste un exercice difficile, et personne ne le réussit vraiment car on ne peut pas s’abstraire soi-même de son travail. Mais c’est amusant, et c’est ce qui me plaît dans mon métier, et dans le cinéma en général, notamment le cinéma espagnol.”

Même s’il refuse le rôle “d’ambassadeur” du cinéma espagnol, trop lourd de responsabilités à ses yeux, Javier Bardem en est très fier. “Je suis très fier du cinéma espagnol car je connais les conditions difficiles dans lequel il est produit : un manque d’intérêt flagrant des institutions, et un public qui, ces dix dernières années, a tendance à retenir les mauvais films alors qu’il y en a des géniaux”. C’est aussi un peu pour cela qu’il “jalouse” le rapport que le public français a vis-à-vis du cinéma.

La star a également évoqué le film Dune de Denis Villeneuve, adapté du roman de l’écrivain Frank Herbert. Il rejoint d’ailleurs le tournage dès jeudi en Jordanie. Un film qui lui tient à coeur, lui, qui est très engagé dans la cause écologique. Il s’est d’ailleurs rendu jusqu’en Antarctique, en janvier 2018, avec GreenPeace pour observer l’écosystème marin vulnérable en sous-marin. “J’ai justement fini la relecture du deuxième livre hier. J’ai vraiment trouvé ça extraordinaire. Ça parle de choses qui sont encore tout à fait d’actualité, alors que ça a été écrit au début des années 60. Le roman nous questionne sur les classes sociales et ce qui pourrait nous arriver si nous ne prenons pas soin de notre Terre. Tout ça, nous allons le payer dans un futur pas si éloigné que ça. Le livre est très intelligent et ambitieux. Si un réalisateur pouvait l’adapter, c’est bien Denis Villeneuve. Je suis plus qu’heureux de le faire !”, nous explique-t-il.

Si vous n’avez pas la chance de participer à la MasterClass ou d’assister à la présentation de l’un de ses films d’ici mercredi (voir programme), il ne vous reste plus qu’à attendre le 18 novembre 2020, pour le voir se métamorphoser, une nouvelle fois, pour le rôle de “Stilgrat”, le chef de la tribu des Fremen dans le film Dune.

Propos recueillis par Sarah Lobé-Élémé

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