Aménagement extérieur

Gens du Jardin par nature

Kevin Laplaige crée des jardins vivants. Il entre dans l’âme des lieux pour mieux en révéler la forme. Rencontre. 

« Je travaille avec le génie des lieux. Je fais en sorte de le révéler ». Kevin Laplaige, basé à Herbignac, au cœur de la Brière et de la presqu’île de Guérande, a une approche délibérément contemplative des jardins. Il prend le temps d’observer à chaque saison l’évolution du biotope. « C’est pour moi quelque chose de fondamental. Un jardin a des manifestations vivantes, des êtres qui le peuplent. Il faut prendre ce temps pour voir ce qui y pousse, quelles sont les plantes bio-indicatrices, tout simplement parce que n’importe quoi ne pousse pas n’importe où ». Ensuite vient le moment où d’autres plantes peuvent rejoindre le jardin, des espèces plus ornementales, pour souligner ce qui existe déjà. La plupart du temps, il utilise des espèces locales indigènes. « Je travaille beaucoup avec Graine de Bocage à Teillac, par exemple. Ils vont cueillir des graines en forêt ou repartent de végétaux locaux ». 

Jardinier mais pas que !

Le jardinier n’avance pas seul. Le nom de son entreprise, Gens du Jardin, n’est pas qu’une subtile référence à son illustre ex-confrère (avant le jardin, Kevin était comédien). C’est aussi une marque de fabrique.

« Quand on fait appel à moi, la première chose que nous faisons, c’est jardiner ensemble. J’ai besoin de prendre prise dans la terre, m’ancrer pour comprendre. On se décide sur une ou deux séances de deux à quatre heures par mois, et on travaille côte à côte. Toutes les opérations sont prétextes à s’arrêter, à observer ».

Kevin Laplaige

Un rythme lent, issu de la nature, régulier et profond. Vient en parallèle le dessin du jardin, le choix de la palette végétale. « Un jardin ne demande pas tant de travail que ça si on a de la constance et de la patience. Le but, c’est qu’à l’issue de ce processus, au bout d’un an ou deux, on puisse se passer de moi ». 

Vers la symbiose de l’homme et la nature

Kevin Laplaige a tout au long de sa formation développé une réflexion sur ces paysages que l’homme investit, une harmonie entre la biodiversité et la présence de l’homme. « J’ai travaillé chez Thérèse Thibault-Lemeignan qui possède un jardin remarquable de quatorze hectares, le jardin du Val Maubrune, dans la Creuse. Elle m’a appris à effacer le plus possible le travail du jardinier, faire croire qu’il n’y a pas eu d’intervention. C’est une délicatesse qui m’intéresse ». Le jardinier travaille également sur le concept de « jardin – nourricier » mené en agroécologie. La terre rend ce qu’on lui donne. À condition de savoir l’écouter. 


Gens du Jardin

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