Rencontre

Body Positive

les différences sont des forces !

Aurélie Chambon s’est lancée dans le combat du « body positive ». Bien dans son corps, elle revendique une prise en compte de la différence, quelle qu’elle soit. 

« On est quand même une majorité à être différentes des critères véhiculés par la société de l’image. On est même un certain nombre à ne pas se reconnaître dans les catalogues. » La jeune femme de quarante-et-un ans se bat aujourd’hui pour que tous les corps trouvent leur place dans la société. « Les vêtements que l’on propose aux femmes rondes, fortes et plus, au niveau fashion, on peut faire mieux. On peut avoir autre chose qu’un bout de tissu avec des gros motifs. J’ai envie de la même robe qu’en taille 36, j’ai envie d’avoir des décolletés. On en a marre de se cacher derrière des tuniques qui nous grossissent encore plus et qui n’ont pas de forme. » Pour elle, ce n’est pas juste de la coquetterie. Elle demande des modèles grande taille dans les catalogues.

« Le fait que rien n’existe pour nous contribue à nous renfermer, à nous mettre à l’écart des magasins, souligne-t-elle. J’ai eu ce corps suite à un problème de santé. Il a fallu se reconnaître dans un miroir, s’accepter. On est obligé de passer par le regard de l’autre pour s’accepter. Quand on voit que les autres ne nous regardent plus de la même manière, c’est compliqué de s’aimer, d’être aimée. On a le droit d’être aimée. » 

Pour elle, le travail sur son image est passé par la photo. « J’ai créé une page Facebook qui s’appelle « Demi-Mondaine ». Un photographe m’a contactée et est venu faire des photos de moi à Carnac. C’est lui qui m’a parlé d’un défilé qui s’organisait à Paris. » Le défilé, baptisé « The All Sizes Catwalk », a rassemblé cent femmes de toutes tailles, morphologies et origines. Elles doivent défiler en sous-vêtements place Stravinsky.

« Je me suis inscrite à cinq minutes de la clôture du casting et sans ça, je ne serai pas là aujourd’hui, assure Aurélie Chambon. Ce défilé, ça a été un grand moment d’émotion. Quand tous les modèles sont arrivés sur la place, on est plusieurs à avoir eu les larmes. Au moment où nous nous sommes dévoilées, la force qui s’est dégagée de nous, c’était incroyable. » 

Elle porte un body de chez Diva Boudoir, une robe 46 et plus. « Je me suis sentie tellement sensuelle, glamour… Il suffit d’un joli tissu et d’un regard bienveillant en face pour se sentir belle. » Un prochain défilé doit avoir lieu courant mai. « On sort, on s’expose et on fait avancer les choses », sourit-elle. Elle rêve de créer également un happening sur le même modèle en Bretagne.

« Il faut aller chercher ceux qui ne s’aiment pas et leur dire : « Si on l’a fait, vous pouvez le faire » ».


 

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