Évasion

Partir à la conquête du grand froid : une aventure avec Lionel Lemonchois

Double vainqueur du Trophée Jules Verne, de la Route du Rhum, vainqueur également de la Transat Jacques Vabre, Lionel Lemonchois possède un palmarès impressionnant. Si le marin a décidé de se retirer de la compétition, s’éloigner de la mer ne fait pas partie de ses projets, bien au contraire. Attiré par les latitudes polaires, il a décidé de proposer des croisières arctiques aux aventuriers avec son bateau, le Varuna. 

À 60 ans, Lionel Lemonchois tire sa révérence. Fini la compétition. Mais naviguer, c’est ce qu’il a fait toute sa vie. Il n’imaginait pas sa reconversion dans un autre domaine. Après plusieurs années de réflexion, il se lance donc dans les croisières arctiques. « Partir à la découverte du Nord et des eaux arctiques m’a toujours fait envie. Ce sont des latitudes peu explorées qui possèdent des régions encore très sauvages. C’est une aventure dans laquelle j’ai eu envie de me lancer », nous confie-t-il. 

Pour cette nouvelle carrière, il lui fallait un compagnon de route. Après de longs mois de recherche, il a fait l’acquisition, avec deux associés, d’un Garcia 70 datant de 2002 : le Varuna. Un bateau de 22 mètres de long par 6 de large, construit en aluminium. « C’était nécessaire d’avoir un grand bateau, pour pouvoir assurer sécurité et confort à bord », explique-t-il. Depuis son arrivée à la Trinité-sur-Mer, son port d’attache, le bateau a subi quelques travaux. « Il a fallu l’aménager en configuration polaire. Depuis qu’il est là, j’y travaille à temps plein ». À bord du Varuna, il y a de la place pour dix personnes. Deux places sont réservées à l’équipage. « C’est une croisière d’aventure mais avec un certain confort (rires). Une cuisinière sera avec moi, comme ça elle me donnera également un coup de main avec les manœuvres », explique Lionel Lemonchois. Sept places sont réservées pour les aventuriers, et une pour le guide. « Une fois sur place, il faut quelqu’un qui connaît bien les lieux, d’autant plus que nous proposons des activités comme du ski, du trek, etc. ». Destination le Spitzberg avec un programme plutôt chargé.

Sport et aventure

Le Spitzberg est une île de Norvège, située dans le Svalbard, un archipel au Nord du pays. Cette île, c’est la porte d’entrée du monde polaire. Fjords au détour des montagnes, icebergs et étendues de toundra sont les rois du paysage. La faune, elle, n’est pas en reste. Si l’ours polaire est le grand favori, il n’est pas le seul que l’on peut apercevoir (cétacés, renards, etc.). Les croisières partent de Longyearbyen et durent entre 7 et 12 jours, de début mars à fin septembre. De mars à avril, ce sont des croisières axées sur la pratique du ski en Norvège, le long des côtes.

« Nous déposons les aventuriers au pied des montagnes. Il nous arrive aussi de les déposer à un endroit et de les récupérer à un autre », explique le navigateur. Au-delà de juin, il n’y a plus assez de neige pour skier et les treks remplacent la glisse. Si les journées sont bien remplies, les aventuriers rejoignent chaque nuit le bateau et une fois à bord, on se repose. La marche du bateau est assurée par l’équipage. La logistique et la surveillance du bateau sont aussi assurées par Lionel Lemonchois. Finalement, les aventuriers n’ont qu’à venir avec des vêtements chauds et leurs skis. « Mais si les passagers ont la volonté et la capacité de participer à la navigation, nous leur donnerons l’occasion de la faire ! ». Le Varuna reste ensuite dans le Nord jusqu’au mois d’août, puis il entame sa descente par l’Est pour rejoindre La Trinité fin septembre. 

Un environnement fragile

Le Varuna / ©Jacques Vapillon

Il n’y a pas si longtemps, le Pôle Nord était encore un lieu inaccessible pour les touristes. La zone était réservée aux chercheurs et aux peuples autochtones qui la peuplait. La fonte des glaces l’a rendu plus accessible, et aujourd’hui, le nombre de croisières proposant cette destination augmente chaque année, et le nombre de touristes avec. « Le tourisme a de bons et de mauvais côtés, estime Lionel Lemonchois, partagé sur la question. L’avantage est qu’en Arctique, la protection de l’environnement est au centre des préoccupations. Nous sommes conscients que notre passage a un impact sur l’environnement, mais tout le projet a été réfléchi en fonction de la réglementation en vigueur. C’est un voilier, et même si nous possédons un moteur, notre impact devrait être minime. Nous ne souhaitons pas dénaturer ou abîmer les lieux mais les faire découvrir avec respect ». La première croisière devait avoir lieu en mars dernier, mais au vu de la situation sanitaire, elle a été repoussée à la saison 2021.

Trois raisons de partir

Observer les animaux polaires. L’ours polaire est le plus célèbre mais la faune arctique ne se limite pas à lui. Cétacés, morses, phoques, renards polaires, et surtout des grandes colonies d’oiseaux sont à découvrir.

Découvrir l’histoire du monde polaire. Par sa position très proche de l’Europe, le Spitzberg est une terre riche d’histoire polaire (baleiniers, trappeurs, explorateurs, etc.). C’est une véritable porte d’entrée du monde polaire.

Faire face à l’immensité des paysages. Pics et glaciers, grandes calottes, icebergs mais aussi de vastes étendues de toundra. En mer comme à terre, les changements de lumière ne cessent de magnifier et transformer les paysages.

Réservations et plus d’informations sur le site :

Grand Nord Grand Large | www.gngl.com/ps-spitzberg