Société

« L’avenir de l’humanité est en mer »

Nantes accueille la première exposition mondiale sur l'océan

La Mer XXL, c’est le nom de ce rendez-vous au Parc des expositions de La Beaujoire, mais aussi un programme. « L’avenir de l’humanité est en mer », assure le cinéaste Jacques Perrin, parrain de cette exposition unique et hors norme. Cent mille visiteurs sont attendus pour venir à la rencontre de cet élément liquide qui couvre 70% de notre planète. La mer fascine et interroge. L’homme n’est qu’au début de la découverte des océans. Et pourtant, ils portent en eux le futur de l’humanité, en offrant d’innombrables opportunités aux générations à venir. Jamais la richesse de la mer, sa diversité, sa puissance, sa fragilité, le rêve et les horizons qu’elle fait naître, n’ont été présentés dans leur globalité au grand public. C’est à ce défi unique que l’exposition La Mer XXL a l’ambition de répondre. Tour à tour pédagogique, ludique, spectaculaire, culturelle, dans un écrin scénographique inspiré de l’univers du Nantais Jules Verne, l’exposition va illustrer une certitude : celle que la mer peut assurer un avenir XXL dans bien des domaines. Ceux du climat, de l’énergie, de la santé, de la nutrition, du développement économique, de l’habitat, des échanges numériques.

« La mer est notre avenir, sa survie est notre devoir »

assure Jean-Marie Biette, secrétaire général du Pôle Mer du groupe Ouest France et co-organisateur de l’évènement.

Rencontre

 

Cette exposition n’est pas votre coup d’essai. Vous êtes également l’auteur d’un ouvrage qui s’intitule « La mer, notre avenir ». Cette exposition, c’est un peu la continuité de ce que vous aviez voulu dire à l’époque ?

J’ai mis trois ou quatre ans à écrire ce livre. C’était un vrai travail d’enquête. Le livre a rencontré un certain succès. Et je me suis dit qu’il fallait parvenir à mettre le grand public devant les problématiques qu’il évoque. Je me suis posé la question de savoir comment on pouvait sensibiliser le plus largement possible. Le Parc des expositions, avec ses cours d’eau, son hall XXL, est devenu une évidence. C’est pour cela qu’avec Frédéric Jouët, son directeur, nous nous sommes lancés dans l’aventure.

 

Une exposition de cette ampleur sur la mer, c’est une première en France, et même dans le monde !

Il faut raconter les richesses, les trésors que recèle l’océan, mais aussi le sort funeste qu’on lui fait subir.

 

Quelle est l’importance de l’océan pour l’avenir de notre planète ?

L’océan, c’est tout simplement le chef d’orchestre du climat. C’est cela qu’il faut faire comprendre aux gens. Si l’océan se dégrade, le climat le fera également. On commence à poser des grilles dans les villes, où il est écrit : « Attention, l’océan commence ici ». Il faudrait aussi en installer dans nos cuisines et nos salles de bains. Tous les rejets ne sont pas filtrés. Si on réalisait des analyses sur les poissons, on y trouverait à la fois du Viagra et des antidépresseurs. Nous, ce que l’on veut dire, c’est qu’il existe des solutions, que l’on cherche ensemble, et on va montrer des pistes. Il faut rassembler un maximum de gens autour d’une démarche positive.

 

Vous avez toutefois choisi de ne pas faire passer ces messages de façon alarmiste…

L’exposition est à la fois pédagogique mais aussi ludique. C’est en s’amusant, en ayant des émotions qu’on comprend et qu’on apprend. Je ne crois absolument pas au discours écologique punitif.

 

L’ensemble du monde maritime est-il représenté dans cette exposition ?

Oui, parce que c’est avec tous les acteurs que l’on avance. C’est pour cela que nous avons décidé que ceux qui viendraient exposer ne paieraient rien. Le mètre carré est gratuit. C’est aussi pour cette raison que nous avons organisé un comité d’experts, avec Jacques Perrin, Catherine Chabaud et une douzaine d’autres personnes. Cela nous a permis de demander à tous les exposants de rester dans la ligne éditoriale que nous avions déterminée pour cette exposition. En fait, ce que nous faisons ici, et il faut oser le dire, c’est : lancer un grand cri d’amour pour la mer. Il y a la question de la raison, mais également, quand même, un peu, celle de la passion.

 

En plus des expositions et des films, il y aura deux bateaux de pirates, une tyrolienne de deux cent mètres, du kayak, des paddles, des baptêmes de plongée, des pirogues polynésiennes… Mais aucun aquarium ! Pourquoi ?

 

Nous avons pris la décision de ne transporter aucun animal. Ce serait assez fort de café de vouloir protéger les océans et de transporter des animaux en pleine chaleur. Mais je peux vous dire que la partie virtuelle que nous avons installée est assez bluffante.

 

Les universités, les services de l’État, les entreprises, des associations… Tout le monde maritime a répondu présent. Il y a quasiment une dimension politique dans cette exposition…

L’idée était de faire cohabiter tout le monde, de la ferme conchylicole aux Chantiers de l’Atlantique, en passant par Tara, Océanopolis ou Ifremer. En France, selon l’OCDE, l’océan représente trois cents à trois cent cinquante mille emplois directs. L’emploi maritime doit doubler dans le monde d’ici 2030. Et on ne parle pas ici de tourisme. Pourtant, on ne peut pas dire que la puissance publique s’en préoccupe beaucoup. Quand j’avais écrit mon livre, j’étais allé faire des recherches. À l’ENA, à l’époque, le mot « mer » n’était même pas prononcé. 

En chiffres

  • 100 000 visiteurs attendus
  • 66 000 m² d’exposition
  • 6 halls dédiés
  • 200 conférences et projections
  • 1 scène nautique

La Mer XXL

Parc des expositions de La Beaujoire, Nantes

Du 29 juin au 10 juillet 2019

www.lamerxxl.com

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