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En lire de belles…

L’été approche et déjà on empile les livres qu’on aimerait lire ou relire durant les vacances.
Et si on en profitait pour faire un petit jeu ?
Prêter attention à la façon dont la littérature se saisit de la beauté.

C’est ce que font Céline Couteau et Laurence Coiffard, toutes deux docteurs en pharmacie et maîtres de conférences à l’université de Nantes, dans leur blog Regard sur les cosmétiques. « On a commencé avec Marcel Proust, dès 2017. Dans À la recherche du temps perdu, l’auteur nous emmène dans un univers plein de parfums et de produits de beauté. C’est très vite devenu pathologique : on ne pouvait plus lire un livre sans y relever les références cosmétiques », sourit Céline Couteau.

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De la magie à la dépravation

Depuis, elles ont étudié une centaine d’œuvres : teint, cheveux, produits de beauté, maquillage, etc., rien n’échappe à leurs regards experts ! « En fonction des auteurs, ces références ont une connotation plus ou moins péjorative. Dans son Éloge du maquillage, Charles Baudelaire nous intime l’ordre de paraître “ magique et surnaturelle ” grâce aux divers articles qui encombrent les salles de bains. En revanche, pour François Mauriac, auteur catholique de renom, le maquillage est synonyme de dépravation. »

Dans la littérature, les descriptions liées à la beauté ne sont pas à prendre à la légère. Ils sont plutôt une vitrine pour évoquer les différentes facettes de la personnalité des protagonistes. Dans L’Ennemie, Irène Némirovski décrit Gabrielle comme faisant “ ombrage à la beauté de sa mère ”. Une mère qui pourrait alors en venir au meurtre pour ne pas être confrontée à la beauté et la jeunesse de sa fille, synonyme de vieillesse pour elle ! »

Cet été, on s’ambre-solaire !

Décrire l’esthétique, c’est aussi plonger dans l’histoire des cosmétiques et de la langue française. « Par exemple, selon les périodes, les auteurs parlent de khôl, de Rimmel ou de mascara. Il y a aussi des appellations qui reviennent à la mode. La cold cream que l’on connaît aujourd’hui était déjà évoquée dans À la recherche du temps perdu sous le nom de “ cold crème ”. Quant à Frédéric Dard, il s’amuse à transformer des termes en verbe : les femmes ne mettent plus d’ambre solaire, elles s’ambre-solairent ! »

Françoise Sagan, Colette, Amélie Nothomb, mais aussi Dalí, Huysmans ou encore la littérature jeunesse avec la comtesse de Ségur… Céline Couteau et Laurence Coiffard n’ont pas de limite ! « Le sujet est passionnant ! Je rêverais de faire soutenir une thèse sur cet aspect ! »

Et il n’est pas près de se tarir puisqu’elles commencent à regarder de près les chansons.

www.regard-sur-les-cosmetiques.fr