Design

Le XXe siècle est (déjà) de retour

Rencontre

« Vintage », ce mot-valise qui veut tout et absolument rien dire, est aujourd’hui associé aux meubles et objets de la seconde partie du XXe siècle. Les années cinquante à soixante-dix ont été particulièrement riches en partis pris, en écoles. Le design de ces décennies fait son retour dans les intérieurs de celles et ceux qui ne l’associent pas forcément aux meubles de leur grand-mère. À Vannes, deux spécialistes décryptent pour nous cette tendance. 

« Ce que je recherche et ce que recherchent mes clients, ce sont des choses qui ont vécu, qui ont un peu d’âme. Cela veut dire aussi, parfois, des traces d’usure. Une table en rotin des années cinquante, c’est impossible qu’elle soit parfaite. » Émilie Rambaud Riche a lancé le site La Cocotte en Papier pour rassembler tous ses coups de cœur. Des objets et des meubles vintage qu’elle propose à prix accessibles. Comme elle, beaucoup craquent pour cette mode de plus en plus prégnante des objets de la seconde moitié du XXe siècle. Enfilades en teck, chaises en formica, meubles multifonctions… Diane Adam, qui a créé Influences, à Vannes, s’est aussi spécialisée dans les meubles de design et les objets d’arts du XXe siècle. « Ce sont des meubles et des objets que l’on peut encore trouver à des prix qui restent corrects et c’est tendance, explique-t-elle. Aujourd’hui, le marché des meubles du XVIIIe et XIXe siècle n’est plus du tout d’actualité. » Difficile à croire pour ceux qui ont (bien) connu ce siècle, mais aujourd’hui, la jeune femme est « antiquaire spécialisée dans le XXe ». « C’est exactement le même métier que celui d’antiquaire, même s’il s’agit d’œuvres relativement récentes. Contrairement à ce que l’on peut penser – et qu’on me dit parfois – pour moi, il ne s’agit pas de recyclage ou de récupération. Il y a aujourd’hui des passionnés qui reconnaissent la valeur et l’intérêt de ces meubles et de ces objets. »

 

Émilie Rambaud Riche – La Cocotte en Papier

Diane Adam – Influences

Une cote en hausse

Les œuvres de Charlotte Perriand, Prouvé ou Le Corbusier atteignent même des cotes enviables et deviennent aujourd’hui aussi statutaires qu’une chaise Starck hier. Mais la plupart des pièces – non signées – de cette époque restent abordables et permettent aux intérieurs de se démarquer. « Il y a aussi cette idée que les gens en ont soupé des meubles de grande distribution, des meubles identiques qu’on retrouve partout, souligne Émilie Rambaud Riche. Ils veulent quelque chose de différent mais également abordable. C’est l’essence de mon métier. » Mais la perle rare devient de plus en plus difficile à dénicher. « Je travaillais à Paris chez un designer. C’est vrai que les meubles signés sont très prisés. Ensuite, c’est une question de prix. Les designers connus, tout le monde ne peut pas se les offrir. La difficulté, c’est de bien acheter, pointe-t-elle. Le travail le plus dur, c’est de chiner des choses à des prix intéressants. Je fais pas mal de vide-maisons, de vide-greniers. Plus c’est fouillis, plus il y en a, plus j’aime », sourit Émilie Rambaud Riche. La frénésie est telle que des lignes actuelles sont fortement teintées du design des meubles de ces années-là. « J’ai vu des exemples de mobiliers neufs totalement inspirés du design brutaliste des années cinquante. C’est aujourd’hui quelque chose qui est dans l’air du temps. On a désormais l’impression que c’est moderne, même si ça existe depuis presque soixante-dix ans », s’amuse Diane Adam.

Par petites touches

Le secret pour intégrer de telles pièces dans un intérieur tient en un mot : la sobriété. « À l’époque, toute la pièce était traitée dans le même style, parfaitement à l’identique. Récemment, je suis allée dans une maison où on retrouvait la table, le guéridon et même les panneaux de bois sur le mur, coordonnés. C’est indigeste. Il faut procéder par touches », assure-t-elle. Il faut associer les styles et les époques avec parcimonie. « C’est vrai que, plus qu’avant, les gens osent mélanger les genres, les styles. C’est tout ce que j’aime : une pièce design assortie avec une table en rotin et une chaise du XIXe siècle », sourit Émilie Rambaud Riche.


Influences 

www.influencesdesign.fr / Facebook : Influences – Vannes

À retrouver également à La Maison Verlinde (1 place du Maréchal Lyautey, Vannes)

La Cocotte en Papier 

www.lacocotteenpapier.fr / Facebook – La Cocotte en Papier

Vente éphémère le 22 novembre au 1 boulevard Roosevelt, en présence de Maison Fétiche.

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